Mercredi 19 juin, de 7h à 10 h 30, en coordination avec la douane, la région de gendarmerie du Grand Est a mobilisé des effectifs de ses quatre groupements de gendarmerie départementale afin de réaliser une opération de sécurité des mobilités sur les principaux péages des axes A31 et A4. Objectif : détecter les personnes transportant des produits illicites, contrefaits ou volés ou facilitant l’immigration irrégulière.

Frontalière avec trois pays, la Lorraine constitue un carrefour majeur des flux de circulation des personnes, des biens et des services.

« Les actions menées par l’ensemble des unités de gendarmerie lorraines, particulièrement celles implantées à proximité de l’autoroute A31 et des axes parallèles ou y menant, mettent en exergue le déplacement de délinquants impliqués dans des thématiques aussi variées que l’immigration irrégulière, les trafics de cigarettes ou de produits stupéfiants, leur blanchiment, les contrefaçons mais également le transport d’armes ou d’objets dérobés ou issus de cambriolages. Ces cibles sont, pour la plupart, également celles de la douane. C’est pourquoi, nous avons réalisé une opération conjointe gendarmerie-douane de contrôle des flux dans le cadre de la sécurité des mobilités sur l’A31 traversant la région du Sud au Nord, et l’A4 et RN4 de l’Est à l’Ouest », explique le général Didier Marconnet, commandant en second la Région de gendarmerie du Grand Est (RGGE) et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Est (RGZE).

Un large dispositif

Menée dans une dynamique d’axes, cette opération a conjugué des postes de contrôle fixes et dynamiques rassemblant 52 gendarmes, issus d’unités territoriales et de sécurité routière, 2 équipes cynophiles détection stupéfiants et SAMBI (détection stupéfiants, armes, munitions et billets) ainsi que 54 douaniers dont 2 équipes cynophiles détection stupéfiants également. La répartition des effectifs s’est faite sur plusieurs points et plus particulièrement sur les péages autoroutiers de Beaumont et de Sainte Marie aux Chênes sur l’A4, et de Gye et Allain sur l’A31.

Un appui 3D ayant pour mission de renseigner sur tout véhicule suspect ou tentant de se soustraire au contrôle en amont des postes a été assuré par la cellule zonale de systèmes drones (CZSD) et par la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Metz.

Un groupe dédié au contrôle des flux

L’opération a également intégré, dans sa composante mobile, cinq Groupes locaux de contrôle des flux (GLCF) lorrains. La région Grand Est a créé ce type d’unité en juin 2016,deux dans la Meuse, une en Moselle, une dans les Vosges et deux en Meurthe-et-Moselle dont celui de Toul.

« Le GLCF de Meurthe-et-Moselle est armé par quatre militaires d’unités territoriales détachés pour emploi auprès de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de la Meurthe-et-Moselle. Notre mission est axée sur le contrôle des flux sur les grands axes routiers du département, afin de détecter des faits de trafic de stupéfiants, d’armes, de recel, et de délinquance itinérante. Nous luttons également contre l’immigration clandestine et recherchons du renseignement sur la menace terroriste. En ce qui concerne la lutte contre le trafic de produits stupéfiants, nous privilégions l’A31 qui traverse le département du Nord au Sud et relie le Sud de l’Europe, notamment l’Espagne et l’Afrique du Nord, au BENELUX. Pour les faits de délinquance itinérante, l’axe RN4, parallèle à l’A4, qui relie les pays de l’Est de l’Europe à la région parisienne et à la Bretagne, est plus intéressant. Travaillant uniquement dans le temps de la flagrance, nos gardes à vue dépassent rarement les 24 heures. Si besoin, la brigade de recherches ou la section de recherches se saisissent de la procédure », précise l’adjudant Yannick Denain, affecté à la brigade de Toul, détaché pour emploi auprès de l’EDSR de Meurthe-et-Moselle et commandant le GLCF de Toul.

Les GLFC contribuent, par leur rayonnement, à la montée en puissance de l’engagement des unités de sécurité routière dans la sécurité des mobilités.

Ils sont aidés, dans leur mission, par le Centre zonal de la sécurité des mobilités (CZSM) de Metz qui apporte du renseignement en matière de police judiciaire, essentiellement récolté dans les Bases de données de sécurité publique (BDSP) des unités élémentaires, qui permet de détecter des phénomènes de délinquance émergents, à l’instar des vols de GPS agricole, des vols dans les laboratoires ou des vols de métaux au préjudice de la SNCF.

« Cette opération coordonnée de contrôle des flux est le fruit d’une vision et d’une dynamique communes de la région de gendarmerie zonale de Metz et de la direction régionale de la Douane de Nancy. L’intérêt d’une coordination poussée entre services partenaires, qu’ils dépendent d’un même ministère ou non, est une évidence pour le général de corps d’armée Bruno Jockers, commandant la RGZE, et Joseph Grandgirard, directeur régional de la douane de Nancy. Même si la gendarmerie et la douane ont des missions complémentaires voire similaires, le but de cette coopération est de faire passer avant toute autre chose l’intérêt des citoyens. Cette coopération permet, par ailleurs, de renforcer la sécurité du personnel grâce à la présence d’un effectif plus important sur les différents points de contrôle. De plus, le partage de l’expérience et des compétences propres à chaque entité ne peut être que bénéfique », ajoute le lieutenant-colonel Jean-Michel Blaise, chargé de la sécurité des mobilités de la RGZE.

Coordonner le tout

La coordination de tous ces effectifs se fait bien évidemment grâce à l’implication des quatre Centres des opérations et du renseignement de la gendarmerie (CORG) lorrains, mais également celle de la division des opérations de l’état-major zonal de la RGGE : le CZSM de Metz qui appuie le lieutenant-colonel Jean-Michel Blaise, et assure le lien avec le centre opérationnel douanier terrestre de Metz.

Également dans la boucle, le Centre de coordination policière et douanière (CCPD) du Luxembourg est en mesure d’alerter les forces de sécurité belges ou luxembourgeoises, notamment si un droit de poursuite venait à s’exercer au-delà des frontières.

Une des ambitions de la RGZE Metz est, à terme, d’arriver à une sécurité des mobilités pérenne à l’international grâce à un partenariat fort entre les forces de sécurité des différents pays frontaliers.

Un résultat en cible avec les objectifs

Lors de cette opération, parmi les personnes contrôlées, un individu se trouvait en situation irrégulière sur le territoire national, un autre faisait l’objet d’un extrait de jugement et a été écroué pour quatre mois, plusieurs détenaient des produit stupéfiants et surtout du numéraire en grande quantité (jusqu’à 5 000 euros cachés dans un tableau de bord). De plus, quelques heures après la levée du dispositif, la douane a intercepté un conducteur sur l’A31 qui était en possession de 53 kg de résine de cannabis et 100 g d’amphétamine.

Source: gendinfo.fr / Crédit photo: © D.R.