{"id":1975,"date":"2018-11-16T10:39:20","date_gmt":"2018-11-16T10:39:20","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=1975"},"modified":"2018-11-16T10:39:20","modified_gmt":"2018-11-16T10:39:20","slug":"la-bande-a-bonnot-assiegee-par-les-gendarmes-et-les-policiers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2018\/11\/16\/la-bande-a-bonnot-assiegee-par-les-gendarmes-et-les-policiers\/","title":{"rendered":"La \u00ab bande \u00e0 Bonnot \u00bb assi\u00e9g\u00e9e par les gendarmes et les policiers"},"content":{"rendered":"<div class=\"description\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Le r\u00f4le jou\u00e9 par le lieutenant Paul Fontan contre Jules Bonnot, le 28\u00a0avril 1912, fut particuli\u00e8rement valoris\u00e9. L\u2019appui apport\u00e9 par les gendarmes aux policiers, deux semaines plus tard, lors d\u2019un autre si\u00e8ge, m\u00e9rite \u00e9galement d\u2019\u00eatre mis en valeur.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Le printemps 1912 est un moment d\u2019intense \u00e9motion, puisqu\u2019il marque l\u2019apog\u00e9e autant que la fin de la \u00ab\u00a0bande \u00e0 Bonnot\u00a0\u00bb. Les journaux commencent \u00e0 se faire l\u2019\u00e9cho des forfaits commis par les malfaiteurs le 22\u00a0d\u00e9cembre 1911 \u00e0 la suite de l\u2019agression spectaculaire, la veille, d\u2019un encaisseur de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 Paris. \u00c0 compter du mois de mars, les attaques de succursales bancaires ou le meurtre du sous-chef de la S\u00fbret\u00e9 parisienne par Jules Bonnot, \u00e0 Ivry-sur-Seine, font la une de quotidiens tir\u00e9s \u00e0 des millions d\u2019exemplaires.<\/p>\n<p>La traque des \u00ab\u00a0bandits en automobile\u00a0\u00bb, comme ils sont surnomm\u00e9s par la presse, est essentiellement men\u00e9e par les enqu\u00eateurs de la pr\u00e9fecture de police, dans le d\u00e9partement de la Seine, ainsi que par les hommes des brigades mobiles de police judiciaire, en province. Les militaires de la gendarmerie trouvent pourtant \u00e0 s\u2019illustrer de fa\u00e7on notable, au moins lors de deux \u00e9pisodes, qui prennent l\u2019allure de si\u00e8ges tels que men\u00e9s au Moyen-\u00c2ge, comme celui des 14 et 15\u00a0mai 1912, \u00e0 Nogent-sur-Marne, moins connu que le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e0 Choisy-le-Roi le 28\u00a0avril.<\/p>\n<h2>Les forces de l\u2019ordre au complet contre deux hommes retranch\u00e9s<\/h2>\n<p>Octave Garnier et Ren\u00e9 Valet sont rep\u00e9r\u00e9s le 14\u00a0mai dans une villa \u00e0 Nogent-sur-Marne, \u00e0 proximit\u00e9 de la rivi\u00e8re et de l\u2019imposant viaduc la traversant. Un dispositif important est aussit\u00f4t mis en \u0153uvre pour assi\u00e9ger les malfaiteurs, dont les actes sont devenus un probl\u00e8me policier autant que politique en raison du retentissement m\u00e9diatique de leurs forfaits.<\/p>\n<p>Sont d\u2019abord engag\u00e9s les hommes du service de la S\u00fbret\u00e9 de la pr\u00e9fecture de police, dirig\u00e9s par leur chef, Xavier Guichard, commissaire divisionnaire, distingu\u00e9 pour son h\u00e9ro\u00efsme \u00e0 Choisy-le-Roi. Des policiers municipaux, gardiens de la paix parisiens et sergents de ville de banlieue, les appuient. S\u2019ajoutent \u00e0 ces policiers \u00ab\u00a0en bourgeois\u00a0\u00bb et en \u00ab\u00a0tenue ostensible\u00a0\u00bb, des gendarmes de la compagnie de la Seine, fournis par les brigades territoriales de l\u2019est parisien et la garde r\u00e9publicaine, dont l\u2019action est pourtant circonscrite \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Ces derniers ont \u00e9t\u00e9 requis par le pr\u00e9fet de police Louis L\u00e9pine. Des zouaves du 3e r\u00e9giment venus du fort de Nogent participent \u00e9galement \u00ab\u00a0subsidiairement\u00a0\u00bb au maintien de l\u2019ordre, pour reprendre l\u2019adverbe d\u2019\u00e9poque. Des pompiers sont aussi mobilis\u00e9s, avec un puissant projecteur permettant d\u2019\u00e9clairer ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019une bataille urbaine qui commence en fin d\u2019apr\u00e8s-midi et se prolonge durant la nuit.<\/p>\n<div class=\"ez-embed-type-image center col-md-10 col-md-offset-1 col-xs-12\">\n<figure class=\" gc_large card-1\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr\/pub_storage\/images\/_aliases\/gc_large\/0\/5\/5\/0\/210550-1-fre-FR\/ph1siege.JPG\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"384\" \/><figcaption><span class=\"legend\">Nogent-sur-Marne, les 14 et 15 mai 1912.D\u00e9cor du si\u00e8ge de Garnier et Valet. &#8211; \u00a9 Service historique de la D\u00e9fense<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>\u00c0 ce tableau manquent, du moins dans les archives, les hommes des brigades mobiles de police judiciaire, cr\u00e9\u00e9es en 1907. Le si\u00e8ge s\u2019organisant dans la circonscription du pr\u00e9fet de police, les inspecteurs et commissaires de la S\u00fbret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale s\u2019effacent pour \u00e9viter d\u2019envenimer des rapports ex\u00e9crables entre Louis L\u00e9pine et le chef de la S\u00fbret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, C\u00e9lestin Hennion.<\/p>\n<p>Ce sont ainsi plusieurs centaines d\u2019assi\u00e9geants qui sont rassembl\u00e9es, tant pour venir \u00e0 bout des deux complices de Bonnot, retranch\u00e9s dans cette maison de Nogent-sur-Marne, que pour contenir une foule venue assister au si\u00e8ge comme \u00e0 un spectacle.<\/p>\n<h2>Un assaut improvis\u00e9, des m\u00e9thodes \u00e0 perfectionner<\/h2>\n<p>Lorsque la maison est cern\u00e9e, Xavier Guichard demande aux anarchistes de se rendre. \u00c0 l\u2019abri de boucliers, il s\u2019approche de la maison avec l\u2019inspecteur Legrand et six agents. Une protection somme toute l\u00e9g\u00e8re et inappropri\u00e9e \u00e0 la puissance de feu des assi\u00e9g\u00e9s, car d\u00e8s le d\u00e9but de la fusillade, deux inspecteurs, Fleury et Cayrouse, sont bless\u00e9s et \u00e9vacu\u00e9s.<\/p>\n<p>Les gendarmes de toutes les brigades voisines (Nogent, Joinville-le-Pont, Vincennes, Cr\u00e9teil, etc.) apportent leur force arm\u00e9e au dispositif, c\u2019est-\u00e0-dire des carabines et des pistolets qui tirent alors des centaines de munitions. Cette puissance de feu est renforc\u00e9e par les mitrailleuses Hotchkiss des zouaves, dont l\u2019usage est n\u00e9anmoins rendu quasiment impossible par la foule pr\u00e9sente et la densit\u00e9 du tissu urbain.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leurs armes et leur nombre, les assaillants pi\u00e9tinent, comme le rapporte le chef de la police municipale, commentant qu\u2019 \u00ab\u00a0il est facile de se rendre compte que le tir des assi\u00e9geants, inspecteurs, zouaves ou gendarmes ne cause aucun dommage aux assi\u00e9g\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"ez-embed-type-image center col-md-10 col-md-offset-1 col-xs-12\">\n<figure class=\" gc_large card-1\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr\/pub_storage\/images\/_aliases\/gc_large\/9\/7\/5\/0\/210579-1-fre-FR\/ph1.JPG\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"501\" \/><figcaption><span class=\"legend\">Fiches anthropom\u00e9triques d\u2019Octave Garnier. \u00a9 Service historique de la D\u00e9fense<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Monsieur Andr\u00e9 Kling, chef du laboratoire municipal, apporte de la m\u00e9linite, un explosif puissant, dont l\u2019emploi t\u00e9moigne de la volont\u00e9 d\u2019en finir par tous les moyens. L\u2019assaut de la villa rel\u00e8ve presque de l\u2019exp\u00e9rimentation. Trois tentatives de destruction sont entreprises, dont une au moyen d\u2019un engin incendiaire associant m\u00e9linite et bidon d\u2019essence. Mais\u2026 \u00ab\u00a0l\u2019effet est nul\u00a0\u00bb, comme le commente le chef de la police municipale.<\/p>\n<p>\u00c0 deux heures du matin, la maison est enfin s\u00e9rieusement \u00e9branl\u00e9e. Alors que plusieurs milliers de badauds sont mass\u00e9s le long de la Marne, la d\u00e9cision de l\u2019assaut revient au pr\u00e9fet de police. L\u2019investissement des lieux appartient au chef du service de la S\u00fbret\u00e9, Xavier Guichard, qui entra\u00eene derri\u00e8re lui quelques inspecteurs, des zouaves, des gendarmes, des gardiens de la paix et des sergents de ville.<\/p>\n<p>Dans ses m\u00e9moires, le pr\u00e9fet de police L\u00e9pine attribue \u00e0 la gendarmerie une part essentielle dans la mise hors d\u2019\u00e9tat de nuire des deux reclus puisque \u00ab\u00a0le gendarme, voyant les assi\u00e9g\u00e9s occup\u00e9s avec moi, bondit jusqu\u2019\u00e0 la porte, fit irruption dans la chambre et descendit les deux bandits de deux coups de son revolver d\u2019ordonnance. C\u2019est une arme qui ne pardonne pas. Brave gendarme\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Source: <a href=\"https:\/\/www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr\/Loisirs\/Histoire\/La-bande-a-Bonnot-assiegee-par-les-gendarmes-et-les-policiers\">GENDCOM\u00a0<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00f4le jou\u00e9 par le lieutenant Paul Fontan contre Jules Bonnot, le 28\u00a0avril 1912, fut particuli\u00e8rement valoris\u00e9. L\u2019appui apport\u00e9 par les gendarmes aux policiers, deux semaines plus tard, lors d\u2019un autre si\u00e8ge, m\u00e9rite \u00e9galement d\u2019\u00eatre mis en valeur. 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