{"id":2531,"date":"2019-03-29T09:58:02","date_gmt":"2019-03-29T09:58:02","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=2531"},"modified":"2019-03-29T09:58:02","modified_gmt":"2019-03-29T09:58:02","slug":"la-police-de-proximite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2019\/03\/29\/la-police-de-proximite\/","title":{"rendered":"La police de proximit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div class=\"description\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>L\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente a replac\u00e9 les notions de contact et de proximit\u00e9 au c\u0153ur de la s\u00e9curit\u00e9 publique. Inadapt\u00e9e pour les uns, pas assez d\u00e9velopp\u00e9e faute de moyens pour les autres, la police de proximit\u00e9 pose implicitement, aujourd\u2019hui, la question du partage des missions entre la police et la gendarmerie en zone urbaine et p\u00e9riurbaine. Or, forte de son maillage de proximit\u00e9 historique, la gendarmerie fait figure de pionni\u00e8re en la mati\u00e8re.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Selon le politologue Fran\u00e7ois Dieu, la police de proximit\u00e9 peut se d\u00e9finir comme \u00ab un mode de gestion de la s\u00e9curit\u00e9 mis en \u0153uvre au plus pr\u00e8s de la population, de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre par une action polici\u00e8re prioritairement pr\u00e9ventive (inspir\u00e9e du community policing anglo-saxon), \u00e0 ses besoins soigneusement identifi\u00e9s et pris en consid\u00e9ration \u00bb. Apparue dans les discours officiels fran\u00e7ais \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, cette notion a \u00e9t\u00e9 depuis accapar\u00e9e par la police nationale. En effet, \u00e0 partir de 1998, le gouvernement de Lionel Jospin avait fait de \u00ab la police de proximit\u00e9 \u00bb une doctrine d\u2019emploi de la police avant que Nicolas Sarkozy ne la supprime globalement en 2003 au profit d\u2019une police dite d\u2019 \u00ab intervention \u00bb. N\u00e9anmoins, les missions de police de proximit\u00e9 continuent de se d\u00e9velopper au sein de la majorit\u00e9 des polices municipales.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, depuis la Loi d\u2019orientation et de programmation pour la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure (LOPSI) de 2002, la Gendarmerie d\u00e9partementale a \u00e9t\u00e9 red\u00e9ploy\u00e9e, entra\u00eenant cons\u00e9cutivement la fermeture de certaines Brigades territoriales (B.T.) qui, pour le sociologue Christian Mouhanna, constituaient, avant l\u2019heure, le mod\u00e8le de \u00ab police de proximit\u00e9 \u00bb, un r\u00f4le qu\u2019elles continuent de jouer peu ou prou en zone rurale. En effet, si elle ne peut se pr\u00e9valoir officiellement vis-\u00e0-vis de la population et de ses personnels d\u2019un domaine pour l\u2019heure associ\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de modernit\u00e9 polici\u00e8re, la proximit\u00e9 est pourtant l\u2019une des composantes fondatrices de l\u2019action polici\u00e8re de la gendarmerie depuis la s\u00e9dentarisation de la mar\u00e9chauss\u00e9e op\u00e9r\u00e9e en 1720.<\/p>\n<p>Cette proximit\u00e9 s\u2019explique par son maillage du terrain gr\u00e2ce la densit\u00e9 du r\u00e9seau des brigades territoriales, et la surveillance g\u00e9n\u00e9rale qu\u2019elles assurent. Implant\u00e9e sur la totalit\u00e9 du territoire national, la brigade est l\u2019unit\u00e9 fonctionnelle de l\u2019\u00e9pith\u00e9lium gendarmique. C\u2019est le cadre cantonal qui a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 d\u00e8s les origines pour occuper ce dernier, avant m\u00eame que les textes organiques ne l\u2019imposent en 1850, car il sert de base \u00e0 la justice de paix, \u00e0 la garde nationale, aux consultations \u00e9lectorales et au recrutement des soldats.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.gendinfo.fr\/pub_storage\/images\/_aliases\/gc_large\/4\/6\/1\/4\/214164-1-fre-FR\/2%20-%202017MINT0435_050%20-%20balsamo.jpg\" \/>En 1870, on d\u00e9nombre quelque 3 600 brigades. Au lendemain de la Grande guerre, l\u2019Institution amorce un changement de paradigme. Apr\u00e8s avoir retrouv\u00e9 une direction en 1920, elle met sur pied des pelotons mobiles sp\u00e9cialis\u00e9s dans le maintien de l\u2019ordre gr\u00e2ce \u00e0 la loi du 22 juillet 1921. Cette nouvelle subdivision de l\u2019Arme permet de compl\u00e9ter le dispositif de la gendarmerie d\u00e9partementale et d\u2019accro\u00eetre la pr\u00e9sence gendarmique sur le terrain. Le mouvement de sp\u00e9cialisation se poursuit durant l\u2019entre-deux-guerres et s\u2019acc\u00e9l\u00e8re encore apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>La gendarmerie \u00e9largit le spectre de ses missions et de ses moyens. Elle occupe d\u00e9sormais des espaces plus vastes, incluant la haute montagne (cr\u00e9ation des pelotons de haute montagne en 1958), les domaines maritime, fluvial, a\u00e9rien et sous-terrain (groupe de sp\u00e9l\u00e9ologues cr\u00e9\u00e9 en 1974), et renforce par l\u00e0 m\u00eame son rattachement aux territoires et aux hommes. La brigade demeure pour autant la structure polyvalente par excellence de la gendarmerie dans laquelle s\u2019exercent toutes les missions qui sont confi\u00e9es \u00e0 l\u2019Institution. Sa proximit\u00e9 physique lui permet d\u2019exercer une surveillance g\u00e9n\u00e9rale et continue des populations.<\/p>\n<p>La gendarmerie d\u00e9partementale comporte actuellement 3 200 brigades territoriales, r\u00e9parties sur 95 % du territoire. Depuis 2002 et la refonte de l\u2019emploi des forces de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, on distingue les brigades autonomes et les brigades regroup\u00e9es au sein d\u2019une communaut\u00e9 de brigades. On compte aujourd\u2019hui 1 000 communaut\u00e9s de brigades alors qu\u2019environ 730 B.T. sont rest\u00e9es autonomes. Parall\u00e8lement, la police et la gendarmerie poursuivent leurs red\u00e9ploiements. La police nationale \u00e9tend sa zone de responsabilit\u00e9 \u00e0 des communes de la zone de gendarmerie situ\u00e9es dans le prolongement des grandes aires urbaines ou enclav\u00e9es en zone de police.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la gendarmerie, la priorit\u00e9 reste les petites circonscriptions isol\u00e9es pouvant difficilement \u00eatre renforc\u00e9es par la police nationale. La proximit\u00e9 de la gendarmerie avec la population n\u00e9cessite des r\u00e9adaptations ou des innovations. Des exp\u00e9rimentations ont \u00e0 cet effet \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, comme les brigades territoriales de contact, initi\u00e9es en mars 2017 et d\u00e9ploy\u00e9es pour renforcer les relations avec les populations. Le territoire num\u00e9rique est d\u00e9sormais \u00e9galement investi par la gendarmerie via les r\u00e9seaux sociaux Twitter, Facebook et autre LinkedIn, pour informer et interagir avec les populations.<\/p>\n<p>L\u2019Institution a \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9 depuis 2014 sur un projet de transformation digitale Neogend permettant \u00e0 chaque gendarme de disposer d\u2019un outil num\u00e9rique susceptible de faciliter le contact, et travaille \u00e9galement sur un projet de brigade num\u00e9rique afin de d\u00e9velopper toujours plus de proximit\u00e9 avec le citoyen. De toute \u00e9vidence, la capacit\u00e9 op\u00e9rationnelle de la gendarmerie et la densit\u00e9 de son maillage territorial doivent absolument \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es sous peine devoir s\u2019\u00e9tioler sa proximit\u00e9 originelle des populations dont elle a historiquement tir\u00e9 sa force et sa l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<p>Source: gendinfo \/ Cr\u00e9dit photo: \u00a9 D.R.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente a replac\u00e9 les notions de contact et de proximit\u00e9 au c\u0153ur de la s\u00e9curit\u00e9 publique. Inadapt\u00e9e pour les uns, pas assez d\u00e9velopp\u00e9e faute de moyens pour les autres, la police de proximit\u00e9 pose implicitement, aujourd\u2019hui, la question du partage des missions entre la police et la gendarmerie en zone urbaine et p\u00e9riurbaine. Or, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"class_list":["post-2531","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2531","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2531"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2531\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2533,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2531\/revisions\/2533"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2531"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2531"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2531"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}