{"id":3497,"date":"2019-11-04T14:04:12","date_gmt":"2019-11-04T14:04:12","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=3497"},"modified":"2019-11-04T14:10:36","modified_gmt":"2019-11-04T14:10:36","slug":"gendarmerie-et-montagnes-de-ladaptation-au-milieu-hostile-a-la-specialisation-des-missions-de-secours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2019\/11\/04\/gendarmerie-et-montagnes-de-ladaptation-au-milieu-hostile-a-la-specialisation-des-missions-de-secours\/","title":{"rendered":"Gendarmerie et montagnes : de l\u2019adaptation au milieu hostile \u00e0 la sp\u00e9cialisation des missions de secours"},"content":{"rendered":"<div class=\"description\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Policer les zones montagneuses ? Voil\u00e0 une ambition qui semble de prime abord plus relever de l\u2019utopie s\u00e9curitaire que de la r\u00e9alit\u00e9, tant cet univers naturel semble \u00e9loign\u00e9, dans l\u2019imaginaire collectif, de l\u2019implantation et de l\u2019action polici\u00e8re. Pour autant, par les densit\u00e9s humaines, les contraintes du relief et du climat, ou encore les rythmes saisonniers marqu\u00e9s qui les caract\u00e9risent, les milieux montagnards, tels que les d\u00e9finissent les g\u00e9ographes, ont de tout temps mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve les dispositifs g\u00e9n\u00e9raux de police.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Avant de devenir un terreau d\u2019innovation en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, de sp\u00e9cialisation et de professionnalisation des secours, la montagne fran\u00e7aise a d\u2019abord fait figure d\u2019espace singulier \u00e0 conqu\u00e9rir dans l\u2019optique d\u2019un processus \u00e9tatique de civilisation. En tant que bras arm\u00e9 historique de l\u2019\u00c9tat, la gendarmerie a d\u2019embl\u00e9e \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e au ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>D\u00e8s le XIXe si\u00e8cle, l\u2019investissement des territoires montagnards avait fait figure, pour l\u2019Institution, de d\u00e9fi en mati\u00e8re de gestion de l\u2019ordre. Au d\u00e9sordre alpin n\u00e9 de l\u2019instabilit\u00e9 politique italienne r\u00e9pondait le rituel pyr\u00e9n\u00e9en, longtemps affirm\u00e9 par une culture d\u2019objection et de d\u00e9tournement, refusant l\u2019assimilation. Dans ces lieux, longtemps les forces de gendarmerie furent num\u00e9riquement d\u00e9risoires. Or, comme dans le reste de la France, une brigade de cinq hommes \u00e9tait cens\u00e9e \u00ab maintenir l\u2019ordre et l\u2019ex\u00e9cution des lois \u00bb quels que soient la superficie, la population, le relief ou la situation du canton. Dans les hautes vall\u00e9es pyr\u00e9n\u00e9ennes, l\u2019inad\u00e9quation de ces normes nationales \u00e9tait flagrante. \u00ab Dans aucune autre partie du territoire national, \u00e9crivait le M\u00e9morial des Pyr\u00e9n\u00e9es en f\u00e9vrier 1841, la gendarmerie ne rencontre plus de difficult\u00e9s que dans nos contr\u00e9es \u00bb. En haute vall\u00e9e d\u2019Aure (Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es) par exemple, la brigade la plus proche de la fronti\u00e8re \u00e9tait Arreau. Son acc\u00e8s n\u2019\u00e9tait possible qu\u2019\u00e0 pied et se trouvait \u00e0 plus de deux heures de Saint-Lary.<\/p>\n<p>La brigade de Castillon (Ari\u00e8ge) devait \u00e0 elle seule surveiller quatre vall\u00e9es ! Celle de Massat devait, avec un effectif normal, assurer la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019une soixantaine de hameaux ou de bourgs. Pareille situation \u00e9tait d\u2019autant plus dommageable que ces vall\u00e9es pyr\u00e9n\u00e9ennes \u00e9taient alors le th\u00e9\u00e2tre de troubles chroniques : conflits pastoraux, d\u00e9lits forestiers, insoumission, contrebande avec l\u2019Espagne\u2026 L\u2019incapacit\u00e9 des forces de l\u2019ordre avait fait de ces lieux des esp\u00e8ces de zones franches o\u00f9, de l\u2019aveu m\u00eame des autorit\u00e9s, pullulaient d\u00e9linquants et marginaux.<\/p>\n<p>Si la Grande Guerre et son rite sacrificiel d\u2019int\u00e9gration avaient fini par pacifier le milieu montagnard en mettant fin \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un demi si\u00e8cle de r\u00e9sistance aux innovations de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, avec la lente assimilation des populations aussi bien par le haut (via l\u2019instauration d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9 nationale, la d\u00e9concentration publique, le r\u00e8glement de la question foresti\u00e8re et la scolarisation), que par le bas (entr\u00e9e en politique, promotion sociale, etc.), l\u2019inadaptation du service gendarmique en milieu montagnard, \u00e9voqu\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1920 dans certains rapports de brigades, \u00e9tait rest\u00e9e lettre morte. Alors que l\u2019introduction des skis dans le Brian\u00e7onnais datait du d\u00e9but du si\u00e8cle, il fallut attendre la circulaire minist\u00e9rielle du 29 septembre 1926 pour que leur usage en gendarmerie d\u00e9partementale soit codifi\u00e9 pour les op\u00e9rations de sauvetage.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019exp\u00e9rimentation des premi\u00e8res brigades fronti\u00e8res (B.F.) en 1936, apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la guerre d\u2019Espagne, qui amena l\u2019Institution \u00e0 se pencher davantage sur les conditions de service du gendarme affect\u00e9 dans des r\u00e9sidences d\u2019altitude (entre 800 et 1 300 m\u00e8tres). En plus de l\u2019exp\u00e9rimentation, dans la compagnie des Basses-Pyr\u00e9n\u00e9es, de deux brigades de gendarmes \u00e0 ski (les brigades d\u2019Urdos et de Laruns), destin\u00e9es \u00e0 p\u00e9renniser la surveillance frontali\u00e8re durant les mois d\u2019enneigement, la gendarmerie avait aussi avalis\u00e9 l\u2019emploi, durant la p\u00e9riode froide, d\u2019un suppl\u00e9ment d\u2019effets (b\u00e9ret, paletot canadien, chandails, brodequins ferr\u00e9s, gants fourr\u00e9s et manteau \u00e0 capuche). Cette panoplie fut associ\u00e9e \u00e0 des accessoires de neige. Il fallut n\u00e9anmoins attendre 1942 pour que ce projet prenne corps et que les gendarmes skieurs b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019effets comparables \u00e0 ceux des corps alpins de l\u2019arm\u00e9e de terre. Ces dotations furent par la suite compl\u00e9t\u00e9es en juin 1947.<\/p>\n<div class=\"ez-embed-type-image center col-md-10 col-md-offset-1 col-xs-12\">\n<figure class=\" gc_large card-1 img-responsive\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.gendinfo.fr\/pub_storage\/images\/_aliases\/gc_large\/7\/0\/9\/9\/229907-1-fre-FR\/illustration%201.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"100%\" \/><figcaption><span class=\"legend\">MI DICOM \u00a9 ADC F. Pellier<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Le basculement essentiel de la s\u00fbret\u00e9 (violences, contrebande, d\u00e9lits forestiers) \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 (pr\u00e9vention des risques et secours), intervient au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec le d\u00e9veloppement du tourisme et des sports alpins. L\u2019accroissement important du nombre d\u2019accidents conduit la direction de la gendarmerie \u00e0 mettre sur pied des unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es. Depuis 1958, date de la cr\u00e9ation du groupe sp\u00e9cialis\u00e9 de haute montagne de Chamonix, l\u2019Institution dispose deux types d\u2019unit\u00e9s : les Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM &#8211; selon la d\u00e9nomination re\u00e7ue en 1972) au nombre de seize, pr\u00e9sents dans les Alpes, les Pyr\u00e9n\u00e9es, en Corse ou encore \u00e0 la R\u00e9union, et les six Pelotons de gendarmerie de montagne (PGM), cr\u00e9\u00e9s en 1993, qui couvrent le Massif central, les Vosges et le Jura.<\/p>\n<p>Ces pelotons de haute et moyenne montagnes ont une comp\u00e9tence territoriale \u00e9tendue au d\u00e9partement et, en tant que de besoin, aux massifs sur lesquels ils ont vocation \u00e0 intervenir. Ils sont sp\u00e9cialement destin\u00e9s aux missions de secours, aux enqu\u00eates judiciaires concomitantes et \u00e0 l\u2019exercice de la police administrative. L\u2019action de la gendarmerie en zone montagneuse repose aussi sur les quelque 250 brigades territoriales de montagne et de haute montagne qui exercent leurs missions par tous les temps sur l\u2019\u00e9tendue de leur circonscription et peuvent participer \u00e0 des missions d\u2019aide et d\u2019assistance. Les unit\u00e9s du cadre g\u00e9n\u00e9ral de la gendarmerie d\u00e9partementale comprennent \u00e9galement les pelotons de surveillance et d\u2019intervention, les unit\u00e9s de recherches des compagnies, ou des groupements de montagne, et les unit\u00e9s d\u2019autoroute \u00ab class\u00e9es montagne \u00bb et les Groupes montagne gendarmerie (GMG) constitu\u00e9s de gendarmes des unit\u00e9s territoriales volontaires, ayant r\u00e9ussi les formations montagne dispens\u00e9es par les PGHM. Sont \u00e9galement class\u00e9s de la sorte les escadrons de la gendarmerie mobile et pelotons montagne de la gendarmerie mobile (PMGM) qui renforcent les unit\u00e9s d\u00e9partementales, principalement au moment des saisons estivales et hivernales. En 2015, environ 5 000 hommes (officiers et sous-officiers) \u00e9taient affect\u00e9s au sein des diff\u00e9rentes unit\u00e9s de montagne et l\u2019on d\u00e9nombrait 292 gendarmes sp\u00e9cialistes aguerris dans la pratique du ski, de l\u2019alpinisme et de la sp\u00e9l\u00e9ologie, r\u00e9partis dans les unit\u00e9s de secours.<\/p>\n<p>En outre, la gendarmerie dispose, depuis 1989, d\u2019une unit\u00e9 de formation du personnel des unit\u00e9s de montagne, le Centre national d\u2019instruction de ski et d\u2019alpinisme de la gendarmerie (CNISAG), bas\u00e9 \u00e0 Chamonix. Enfin, depuis le 1er ao\u00fbt 2014, une Unit\u00e9 de coordination technique montagne (UCTM) y a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Compos\u00e9e d\u2019officiers ayant l\u2019exp\u00e9rience du commandement de PGHM et de grad\u00e9s sup\u00e9rieurs de la sp\u00e9cialit\u00e9 montagne, elle d\u00e9pend directement de la direction g\u00e9n\u00e9rale de la gendarmerie nationale. S\u2019inscrivant dans une logique de d\u00e9marche qualit\u00e9 et de r\u00e9duction des risques, ses missions consistent \u00e0 appuyer les unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es montagne de la gendarmerie et \u00e0 les \u00e9valuer.<\/p>\n<\/div>\n<p>Source: gendinfo.fr \/ Cr\u00e9dit photo: \u00a9 D.R.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3498\" src=\"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/14-300x156.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"156\" srcset=\"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/14-300x156.jpg 300w, https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/14-696x362.jpg 696w, https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/14.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Policer les zones montagneuses ? 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