{"id":3685,"date":"2019-12-11T11:08:34","date_gmt":"2019-12-11T11:08:34","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=3685"},"modified":"2019-12-11T11:08:34","modified_gmt":"2019-12-11T11:08:34","slug":"la-prevote-durant-la-guerre-de-coree-1950-1953","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2019\/12\/11\/la-prevote-durant-la-guerre-de-coree-1950-1953\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 durant la guerre de Cor\u00e9e (1950-1953)"},"content":{"rendered":"<div class=\"description\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Les troupes fran\u00e7aises, qui avaient d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Fusan le 29 novembre 1950, \u00e9taient affect\u00e9es durant toute la campagne au 23e r\u00e9giment d\u2019infanterie de la 2e division d\u2019infanterie am\u00e9ricaine. Des gendarmes volontaires pour la Cor\u00e9e, provenant des diff\u00e9rentes l\u00e9gions, avaient rejoint, d\u00e8s le 1er octobre 1950, les soldats du bataillon de Cor\u00e9e pour assurer une mission de pr\u00e9v\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<h2>L\u2019agression nord-cor\u00e9enne<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite du Japon, le 2 septembre 1945, le commandement des forces alli\u00e9es annon\u00e7ait que la Cor\u00e9e \u00e9tait divis\u00e9e en deux zones d\u2019occupation, am\u00e9ricaine et sovi\u00e9tique, de part et d\u2019autre du 38e parall\u00e8le. Le contexte de la guerre froide rendant une \u00e9ventuelle r\u00e9unification hypoth\u00e9tique, une r\u00e9publique de Cor\u00e9e, sous influence am\u00e9ricaine, \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e au sud, tandis qu\u2019une d\u00e9mocratie populaire, sous ob\u00e9dience russe, \u00e9tait instaur\u00e9e au nord. Apr\u00e8s cette partition en deux r\u00e9publiques, les arm\u00e9es sovi\u00e9tique et am\u00e9ricaine \u00e9vacu\u00e8rent, en 1949,\u00a0leur zone d\u2019occupation respective.<\/p>\n<p>Stimul\u00e9s par les succ\u00e8s des communistes, les Cor\u00e9ens du nord envahirent subitement le sud le 25 juin 1950. Forte de plus de 135 000 soldats et disposant d\u2019\u00e9quipements lourds fournis par les Sovi\u00e9tiques \u2013 alors que les arm\u00e9es du sud ne pouvaient s\u2019appuyer que sur des moyens de d\u00e9fense surann\u00e9s et obsol\u00e8tes \u2013, la Cor\u00e9e du nord occupa S\u00e9oul d\u00e8s le 28 juin. R\u00e9uni en toute urgence, le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU sollicita l\u2019aide des Nations Unies pour soutenir la Cor\u00e9e du sud. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain, Truman, d\u00e9cida alors l\u2019intervention des troupes am\u00e9ricaines, auxquelles furent adjoints des contingents des pays occidentaux, asiatiques et africains. Les forces des Nations Unies, plac\u00e9es sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral MacArthur, r\u00e9ussirent, \u00e0 partir de la t\u00eate de pont de Pusan (au sud-est de la presqu\u2019\u00eele de Cor\u00e9e), \u00e0 repousser les Cor\u00e9ens du nord en octobre 1950. L\u2019intervention de 850 000 \u00ab\u00a0volontaires\u00a0\u00bb chinois, en novembre 1950, permit un temps aux forces communistes de reprendre une partie du terrain mais une contre-offensive des troupes de l\u2019ONU stabilisa le front, entre mai et novembre 1951, un peu au nord du 38e parall\u00e8le. C\u2019est dans ce contexte de crise que la France allait participer aux op\u00e9rations militaires.<\/p>\n<p>Au mois d\u2019ao\u00fbt 1950, le gouvernement Pleven d\u00e9cidait d\u2019une collaboration fran\u00e7aise au sein de la coalition de l\u2019ONU. Le bataillon fran\u00e7ais de l\u2019ONU (BF \u2013 ONU), organis\u00e9 sur le mod\u00e8le des bataillons am\u00e9ricains et compos\u00e9 de volontaires issus du corps des r\u00e9servistes, d\u2019anciens d\u2019Indochine et de la Seconde Guerre mondiale, \u00e9tait rassembl\u00e9 au camp d\u2019Auvours dans la Sarthe. Ces troupes \u00e9taient dirig\u00e9es par un ancien de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, Monclar, qui renon\u00e7ait provisoirement \u00e0 ses \u00e9toiles de g\u00e9n\u00e9ral pour pouvoir aller combattre en Cor\u00e9e avec le grade de lieutenant-colonel.<\/p>\n<h2>Des gendarmes envoy\u00e9s en Cor\u00e9e<\/h2>\n<p>Affect\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major, la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019un chef de d\u00e9tachement et de trois pr\u00e9v\u00f4ts. Le s\u00e9jour \u00e9tant fix\u00e9 \u00e0 un an, ce sont ainsi douze gendarmes qui se succ\u00e9d\u00e8rent en Cor\u00e9e entre 1950 et 1953.<\/p>\n<p>Les gendarmes \u00e9voluaient en tenue de combat identique \u00e0 celle du personnel du bataillon, ils portaient n\u00e9anmoins un brassard distinctif qui indiquait leur qualit\u00e9 de pr\u00e9v\u00f4ts. Lorsqu\u2019ils effectuaient une mission judiciaire, ils portaient le k\u00e9pi. La mission de pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 du d\u00e9tachement des gendarmes fran\u00e7ais affect\u00e9s au bataillon de Cor\u00e9e \u00e9tait classique et consistait \u00e0 exercer la police judiciaire mais aussi \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 des arm\u00e9es en campagne. Au contact de la ligne de front et lors des combats, ils exposaient encore leur vie pour effectuer des missions particuli\u00e8res. Toutefois, cette simple \u00e9num\u00e9ration ne rend qu\u2019imparfaitement compte du travail quotidien des gendarmes. Les carnets de d\u00e9claration \u2013 destin\u00e9s \u00e0 recueillir les all\u00e9gations de t\u00e9moins ou de pr\u00e9venus ainsi que les constatations des enqu\u00eateurs \u2013 sont significatifs de l\u2019activit\u00e9 multiforme des pr\u00e9v\u00f4ts. Ces derniers effectuaient des patrouilles \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la ligne de front, appr\u00e9hendaient ainsi des militaires qui avaient quitt\u00e9 leur unit\u00e9 sans autorisation, les d\u00e9serteurs ou les individus suspects.<\/p>\n<p>Les gendarmes se rendaient sur les lieux des accidents de la route dont les militaires \u00e9taient victimes et pratiquaient l\u2019audition des t\u00e9moins. Une autre mission, traditionnelle, consistait \u00e0 transf\u00e9rer les prisonniers. Les pr\u00e9v\u00f4ts menaient encore des investigations concernant des combattants qui avaient un passif judiciaire en France, ils recueillaient ainsi les d\u00e9clarations des militaires qui \u00e9taient par la suite transmises aux juges de la m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, la force publique intervenait lorsqu\u2019un probl\u00e8me particulier se pr\u00e9sentait\u00a0; les gendarmes effectuaient par exemple des enqu\u00eates lorsqu\u2019un soldat s\u2019\u00e9tait bless\u00e9 ou blessait quelqu\u2019un, de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9tablir l\u2019innocence ou la part de responsabilit\u00e9 des personnes concern\u00e9es. Ils tentaient encore de dissocier, chez les militaires, les mutilations volontaires des blessures accidentelles.<\/p>\n<h2>Les enqu\u00eates et les missions militaires<\/h2>\n<p>Une part importante de leur temps \u00e9tait consacr\u00e9e aux enqu\u00eates qu\u2019ils diligentaient. Ils arrivaient ainsi \u00e0 \u00e9claircir les circonstances du vol d\u2019une carabine \u00e0 un volontaire. Ils parvenaient encore \u00e0 arr\u00eater des domestiques cor\u00e9ens qui avaient d\u00e9tourn\u00e9 des sommes importantes appartenant \u00e0 des militaires fran\u00e7ais. Une enqu\u00eate minutieuse et longue permettait aux gendarmes de d\u00e9manteler un important trafic de devises, d\u2019alcool et de cigarettes qui avait des ramifications jusqu\u2019\u00e0 S\u00e9oul\u00a0; les pr\u00e9v\u00f4ts d\u00e9non\u00e7aient d\u2019ailleurs la corruption de la police de cette capitale qui avait favoris\u00e9 ce commerce ill\u00e9gal.<\/p>\n<p>Les gendarmes particip\u00e8rent \u00e9galement aux combats et se port\u00e8rent volontaires pour accomplir des missions p\u00e9rilleuses\u00a0: les citations obtenues par les pr\u00e9v\u00f4ts prouvent qu\u2019ils \u00e9taient \u00e9galement des combattants. Le gendarme Maintenay s\u2019\u00e9tait port\u00e9 sur les premi\u00e8res lignes lors de la bataille de Twin Tunnels en f\u00e9vrier 1951. Malgr\u00e9 le feu nourri, il avait assur\u00e9 le d\u00e9placement des bless\u00e9s. Quelque temps plus tard, en mars 1951, il assurait le ravitaillement en arme des militaires, transportait \u00e0 nouveau des bless\u00e9s, ce qui demandait des efforts extraordinaires au vu de la situation extr\u00eamement accident\u00e9e du terrain. Le gendarme Moreau s\u2019\u00e9tait lui aussi distingu\u00e9 en participant aux op\u00e9rations du bataillon fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion de Chorwon en octobre et novembre 1952. Malgr\u00e9 les tirs constants de l\u2019artillerie ennemie, il assurait les liaisons compromises par la destruction des postes radios. Il participait lui-m\u00eame aux combats pour refouler les assaillants. Le 8 octobre 1952, il arr\u00eatait un officier nord-cor\u00e9en, r\u00e9cup\u00e9rait plusieurs armes automatiques et contribuait \u00e0 la destruction d\u2019un foyer de r\u00e9sistance. Le 9, il s\u2019avan\u00e7ait au-del\u00e0 des lignes ennemies, ramenait les corps de plusieurs militaires et participait \u00e0 l\u2019\u00e9vacuation des bless\u00e9s.<\/p>\n<p>La mission des gendarmes pr\u00e9v\u00f4taux au sein du bataillon fran\u00e7ais de L\u2019ONU s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans le contexte d\u2019une guerre particuli\u00e8rement meurtri\u00e8re\u00a0; ces 12 gendarmes ont non seulement assur\u00e9 leur responsabilit\u00e9 de pr\u00e9v\u00f4ts mais ont \u00e9galement particip\u00e9 aux combats, attestant ainsi cette dualit\u00e9 si sp\u00e9cifique d\u2019hommes de lois et d\u2019hommes de guerres.<\/p>\n<\/div>\n<p>Source: <a href=\"https:\/\/www.gendinfo.fr\/Loisirs\/Histoire\/La-prevote-durant-la-guerre-de-Coree-1950-1953\">gendinfo.fr<\/a> \/ Cr\u00e9dit photo: \u00a9 D.R.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troupes fran\u00e7aises, qui avaient d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Fusan le 29 novembre 1950, \u00e9taient affect\u00e9es durant toute la campagne au 23e r\u00e9giment d\u2019infanterie de la 2e division d\u2019infanterie am\u00e9ricaine. 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