{"id":3934,"date":"2020-03-10T17:36:31","date_gmt":"2020-03-10T17:36:31","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=3934"},"modified":"2020-03-10T17:36:31","modified_gmt":"2020-03-10T17:36:31","slug":"une-femme-une-institution-mille-et-une-vies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2020\/03\/10\/une-femme-une-institution-mille-et-une-vies\/","title":{"rendered":"Une femme, une institution, mille et une vies"},"content":{"rendered":"<div class=\"description--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>\u0152uvrant au sein de l\u2019Institution depuis bient\u00f4t trente ans, la lieutenante-colonelle (TA) Fabienne Lopez fait partie des premi\u00e8res femmes \u00e0 avoir occup\u00e9 des postes jusqu\u2019ici r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la gente masculine. Entr\u00e9e en tant que sous-officier en 1989, elle s\u2019est b\u00e2ti une carri\u00e8re tr\u00e8s riche, tout en assistant \u00e0 la f\u00e9minisation de la gendarmerie. Elle revient sur cette \u00e9volution \u00e0 travers son parcours atypique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Derri\u00e8re l\u2019accent chantant et le sourire lumineux se cache une femme de caract\u00e8re ayant r\u00e9ussi \u00e0 gravir les diff\u00e9rents \u00e9chelons au sein de l\u2019Institution et commandant aujourd\u2019hui le Centre de lutte contre la cybercriminalit\u00e9 (C3N), une unit\u00e9 strat\u00e9gique faisant face \u00e0 la d\u00e9linquance sur le territoire num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9termination est d\u00e9j\u00e0 au rendez-vous quand, en 1989, Fabienne Lopez d\u00e9cide d\u2019int\u00e9grer la gendarmerie. \u00ab\u00a0J\u2019avais envie d\u2019\u00eatre dans le monde du travail assez vite et d\u2019avoir un emploi o\u00f9 je me sente utile aux gens. J\u2019avais peur de m\u2019ennuyer, je voulais de l\u2019action et le volet police judiciaire me semblait int\u00e9ressant\u00a0\u00bb, raconte la colonelle. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 dix-neuf ans, son DEUG d\u2019espagnol en poche, elle entre \u00e0 l\u2019\u00e9cole des sous-officiers de gendarmerie de Montlu\u00e7on.<\/p>\n<h2>Une curiosit\u00e9 insatiable<\/h2>\n<p>\u00c0 l\u2019issue de sa scolarit\u00e9, Fabienne Lopez apprend les bases du m\u00e9tier \u00e0 la brigade territoriale de Tarascon-sur-Rh\u00f4ne. Elle est alors la seule femme dans une unit\u00e9 comptant douze hommes et deuxi\u00e8me femme affect\u00e9e dans la r\u00e9gion. Toujours curieuse d\u2019approfondir ses connaissances en Police judiciaire (P.J.), elle r\u00e9pond \u00e0 un appel \u00e0 volontaire en 1992, pour int\u00e9grer la section technique d&rsquo;investigation criminelle de la gendarmerie, l\u2019ancien IRCGN. \u00ab\u00a0Je trouvais la mati\u00e8re de police technique et scientifique passionnante. Ils recherchaient essentiellement des profils scientifiques et je devais \u00eatre la seule litt\u00e9raire. Aussi, j\u2019ai pos\u00e9 des jours de permission et je suis mont\u00e9e en train pour leur exprimer ma motivation. Face \u00e0 ma d\u00e9termination, ils m\u2019ont propos\u00e9 une affectation au service enseignement et relations ext\u00e9rieures.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quatre ans plus tard, elle passe l\u2019examen d\u2019officier de police judiciaire et brigue alors un poste en brigade de recherches pour retrouver le terrain et assouvir sa passion de l\u2019enqu\u00eate. C\u2019est sans compter sur la Direction des relations internationales (DRI), qui recherche alors des hispanophones pour encadrer les d\u00e9l\u00e9gations venant d\u2019Espagne ou d\u2019Am\u00e9rique du sud. \u00c9tant l\u2019une des rares \u00e0 avoir le profil, elle accepte de vivre cette nouvelle exp\u00e9rience d\u2019interpr\u00e8te pendant deux ans, ce qui lui permet de d\u00e9couvrir \u00e9galement les coulisses de l\u2019administration centrale.<\/p>\n<h2>Une femme de terrain<\/h2>\n<p>Durant son passage \u00e0 la DRI, Fabienne Lopez s\u2019int\u00e9resse de pr\u00e8s au m\u00e9tier d\u2019officier. Elle finit par passer le concours, qu\u2019elle obtient en 1998, et repart ainsi \u00e9tudier durant trois ans sur les bancs de l\u2019\u00e9cole des officiers de la gendarmerie nationale, \u00e0 Melun. Sa promotion ne compte alors que deux autres femmes. \u00c0 sa sortie, elle se retrouve adjointe au commandant de la compagnie d\u2019Arles, une \u00ab\u00a0grosse boutique\u00a0\u00bb de 180 personnels \u00e0 l\u2019activit\u00e9 dense. \u00ab\u00a0J\u2019ai voulu me tester et savoir quel officier j\u2019allais devenir. J\u2019ai fait ce choix en me disant\u00a0: si \u00e7a marche, c\u2019est que je suis faite pour le terrain, sinon il s\u2019agira de rester dans les bureaux\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e9bordante d\u2019\u00e9nergie, elle parvient \u00e0 s\u2019imposer naturellement et s\u2019\u00e9panouit pleinement dans ses nouvelles fonctions de commandement. Elle poursuit sur cette lanc\u00e9e et prend ensuite le commandement de la compagnie de Pamiers. L\u2019activit\u00e9 y est alors moins soutenue, cependant son exp\u00e9rience arl\u00e9sienne lui permet de dynamiser une unit\u00e9 au beau potentiel.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de 2012, l\u2019officier revient vers ses premiers amours\u00a0: la police judiciaire. Elle occupe d\u2019abord le poste de chef de division appui aux pr\u00e9mices de l\u2019Office central de lutte contre les atteintes \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 la sant\u00e9 publique (OCLAESP). Par la suite, elle est nomm\u00e9e offici\u00e8re adjointe charg\u00e9e de la police judiciaire au groupement de gendarmerie d\u00e9partementale de Versailles et supervise ainsi les enqu\u00eates des unit\u00e9s du d\u00e9partement. S\u2019\u00e9panouissant dans la mati\u00e8re, elle prend, en 2015, la place d\u2019adjoint au commandant de la section de recherches de Bordeaux, avant de rejoindre le C3N l&rsquo;an dernier. \u00ab\u00a0Finalement, \u00e0 travers mon parcours, j\u2019ai pu voir la P.J. sous toutes ses facettes\u00a0\u00bb, appr\u00e9cie la colonelle.<\/p>\n<h2>\u00catre femme en gendarmerie<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es pass\u00e9es en gendarmerie, Fabienne Lopez revient sur la f\u00e9minisation au sein de l\u2019Institution. \u00ab\u00a0C\u2019est s\u00fbrement plus facile pour les femmes qui int\u00e8grent aujourd\u2019hui que lorsque je suis rentr\u00e9e, tout simplement parce que nous \u00e9tions tr\u00e8s peu \u00e0 l\u2019\u00e9poque, souvent seules au sein du d\u00e9partement, voire de la r\u00e9gion. Il s\u2019agissait surtout de rassurer ces hommes qui n\u2019avaient encore jamais travaill\u00e9 avec des femmes, de r\u00e9pondre \u00e0 leurs interrogations, de les rassurer sur nos comp\u00e9tences\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, elle se f\u00e9licite de voir que l\u2019Institution donne toute leur place aux femmes. \u00ab\u00a0Les mentalit\u00e9s ont \u00e9volu\u00e9. Certaines mesures y ont aid\u00e9 pour \u00e9viter le harc\u00e8lement ou toute forme d\u2019in\u00e9galit\u00e9 dans le travail. Aujourd\u2019hui, une femme qui fait bien son travail est r\u00e9compens\u00e9e. L\u2019\u00e9galit\u00e9 doit \u00eatre parfaite de ce point de vue l\u00e0. Faire acc\u00e9der les femmes \u00e0 de brillantes promotions juste pour afficher notre pr\u00e9sence dans les postes \u00e0 responsabilit\u00e9 serait une erreur\u00a0\u00bb, estime-t-elle.<\/p>\n<p>M\u00e8re de deux enfants, elle reconna\u00eet qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de concilier ce m\u00e9tier exigeant avec sa vie priv\u00e9e. \u00ab\u00a0Les femmes se remettent beaucoup en question au cours de leur carri\u00e8re et ont n\u00e9cessairement une charge mentale li\u00e9e \u00e0 la famille. C\u2019est une question de choix. Il faut beaucoup d\u2019\u00e9nergie et finalement faire preuve du m\u00eame sens de l\u2019organisation auquel nous faisons appel lorsque nous sommes sur le terrain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si elle avait un conseil pour les jeunes femmes entrant dans l\u2019Institution aujourd\u2019hui\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Arr\u00eater de vouloir en faire plus qu\u2019un homme pour prouver sa valeur. Les femmes ont toute leur place\u00a0: si elles sont \u00e0 l\u2019avancement, c\u2019est qu\u2019elles l\u2019ont m\u00e9rit\u00e9\u00a0! En pensant ainsi, elles gagneront en s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Source: <a href=\"https:\/\/www.gendinfo.fr\/paroles-de-gendarmes\/Portraits\/une-femme-une-institution-mille-et-une-vies\">gendinfo.fr<\/a> \/ Cr\u00e9dit photo: \u00a9 D.R.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u0152uvrant au sein de l\u2019Institution depuis bient\u00f4t trente ans, la lieutenante-colonelle (TA) Fabienne Lopez fait partie des premi\u00e8res femmes \u00e0 avoir occup\u00e9 des postes jusqu\u2019ici r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la gente masculine. Entr\u00e9e en tant que sous-officier en 1989, elle s\u2019est b\u00e2ti une carri\u00e8re tr\u00e8s riche, tout en assistant \u00e0 la f\u00e9minisation de la gendarmerie. 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