{"id":5058,"date":"2021-07-09T08:24:42","date_gmt":"2021-07-09T08:24:42","guid":{"rendered":"http:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=5058"},"modified":"2021-07-09T08:24:42","modified_gmt":"2021-07-09T08:24:42","slug":"adjudant-francis-marroux-le-destin-dun-gendarme-de-la-resistance-a-lelysee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2021\/07\/09\/adjudant-francis-marroux-le-destin-dun-gendarme-de-la-resistance-a-lelysee\/","title":{"rendered":"Adjudant Francis Marroux : le destin d\u2019un gendarme, de la R\u00e9sistance \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"description--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p class=\"western\"><strong>En 1959, le colonel Robert-Pol Dupuy, nouveau\u00a0<\/strong><strong>commandant militaire du Palais de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, demande au gendarme Francis Marroux, son ancien subordonn\u00e9 et compagnon dans la R\u00e9sistance, d&rsquo;\u00eatre le chauffeur attitr\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Une fonction que ce dernier remplira durant toute la pr\u00e9sidence du G\u00e9n\u00e9ral, de janvier\u00a01959 \u00e0 avril\u00a01969.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p class=\"western\">Le M\u00e9morial Charles de Gaulle accueille, jusqu&rsquo;au 30 d\u00e9cembre 2021, l\u2019exposition nationale des peintres des arm\u00e9es \u00ab\u00a0Charles de Gaulle, fragments d\u2019une \u00e9pop\u00e9e\u00a0\u00bb. Install\u00e9e dans le hall d&rsquo;honneur du M\u00e9morial et \u00e0 La Boisserie, la demeure historique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, elle pr\u00e9sente plusieurs \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es par les artistes de la gendarmerie. Certains seront pr\u00e9sents lors de deux journ\u00e9es \u00e9v\u00e9nementielles, les 9 et 10\u00a0juillet, et peindront, photographieront ou sculpteront \u00ab\u00a0en direct\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\" ez-embed-type-image\">\n<figure class=\"ez-progressive with-box-shadow image--full align-center lazyloaded\" data-expand=\"-1\"><img decoding=\"async\" class=\"cover lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.gendinfo.fr\/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg\" sizes=\"610px\" srcset=\"\/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg, \/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large.2x\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg 1200w, \/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large.3x\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg 1800w\" alt=\"\" data-sizes=\"auto\" data-parent-fit=\"cover\" data-srcset=\"\/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg, \/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large.2x\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg 1200w, \/storage\/var\/gc_public\/storage\/images\/_aliases\/gc_large.3x\/5\/4\/3\/9\/289345-1-fre-FR\/colombeyV3.-formatVideo_Plan%20de%20travail%201.jpg 1800w\" data-lowsrc=\"data:image\/jpeg;base64,\/9j\/4AAQSkZJRgABAQAAAQABAAD\/2wBDAA0JCgsKCA0LCgsODg0PEyAVExISEyccHhcgLikxMC4pLSwzOko+MzZGNywtQFdBRkxOUlNSMj5aYVpQYEpRUk\/\/2wBDAQ4ODhMREyYVFSZPNS01T09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT09PT0\/\/wgARCAAOABgDASIAAhEBAxEB\/8QAFwABAQEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAQCBf\/EABYBAQEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAIDBP\/aAAwDAQACEAMQAAAB6GJmc0pin\/\/EABsQAAICAwEAAAAAAAAAAAAAAAABEiECAxET\/9oACAEBAAEFAiWJNISvz19jf\/\/EABcRAQEBAQAAAAAAAAAAAAAAAAEAAxT\/2gAIAQMBAT8Bdy6G\/8QAGREAAQUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAECAxNR\/9oACAECAQE\/AUg0paf\/xAAaEAACAgMAAAAAAAAAAAAAAAAAATKhERIh\/9oACAEBAAY\/AidnXY9m3kiM\/8QAHBABAAICAwEAAAAAAAAAAAAAAQAhETFBUWFx\/9oACAEBAAE\/IX3IfY6TJYV2QtK8Fmw5p2wsOlryf\/\/aAAwDAQACAAMAAAAQwB\/\/xAAXEQEBAQEAAAAAAAAAAAAAAAABACEx\/9oACAEDAQE\/EBckXL\/\/xAAVEQEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAUf\/aAAgBAgEBPxChZ\/\/EABkQAQEBAQEBAAAAAAAAAAAAAAERACExQf\/aAAgBAQABPxBtqP1fncy\/kDzAy72OHYfjyGqHeRVmCjaBn\/\/Z\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<p class=\"western\">Cet \u00e9v\u00e9nement est l\u2019occasion de revenir sur le destin incroyable de l\u2019adjudant Francis Marroux, conducteur attitr\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p class=\"western\">C\u2019est en 1959, que le colonel Robert-Pol Dupuy, nouveau commandant militaire du Palais de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, demande au gendarme Marroux, son ancien subordonn\u00e9 et compagnon dans la R\u00e9sistance, d&rsquo;\u00eatre le chauffeur attitr\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Marroux exercera cette fonction durant toute la pr\u00e9sidence du G\u00e9n\u00e9ral, de janvier\u00a01959 \u00e0 avril\u00a01969. Les quatre premi\u00e8res ann\u00e9es co\u00efncident avec le conflit alg\u00e9rien, moment o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 du Chef de l&rsquo;\u00c9tat prend une importance majeure. Aucun homme d&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais, aucun pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ne s&rsquo;est vu plus souvent menac\u00e9 dans sa vie que le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle durant cette p\u00e9riode. Ces menaces ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 les responsabilit\u00e9s qui pesaient sur les \u00e9paules de l&rsquo;adjudant Marroux. C&rsquo;est gr\u00e2ce au courage et au sang-froid de son chauffeur que le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e9chappe \u00e0 une mort certaine lors des attentats de Pont-sur-Seine et du Petit-Clamart.<\/p>\n<h2 class=\"western\"><strong>8\u00a0septembre\u00a01961\u00a0: l&rsquo;attentat\u00a0<\/strong><strong>de Pont-sur-Seine<\/strong><\/h2>\n<p class=\"western\">La D.S. 21 pr\u00e9sidentielle conduite par Marroux, avec \u00e0 son bord le G\u00e9n\u00e9ral, madame de Gaulle et un aide de camp, quitte l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e \u00e0 20\u00a0heures, direction Colombey. Une heure et demie plus tard, la voiture roule \u00e0 110\u00a0km\/heure sur la Nationale\u00a019, sur une ligne droite entre Crancey et Pont-sur-Seine. La nuit est tomb\u00e9e. Soudain, la voiture est prise dans une tornade de flammes. Une puissante bombe a explos\u00e9 au passage de la D.S. Aveugl\u00e9 subitement par l&rsquo;\u00e9norme boule de feu, le chauffeur Marroux, guid\u00e9 par un incroyable sang-froid, appuie \u00e0 fond sur l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rateur, et, gr\u00e2ce \u00e0 ce r\u00e9flexe inou\u00ef, franchit le mur de feu, en \u00e9vitant de percuter un arbre. La voiture est endommag\u00e9e. Les passagers, indemnes, savent \u00e0 qui ils doivent la vie sauve\u2026<\/p>\n<h2 class=\"western\"><strong>22<\/strong><strong>\u00a0ao\u00fbt\u00a01962\u00a0: l&rsquo;attentat du Petit-Clamart<\/strong><\/h2>\n<p class=\"western\">On conna\u00eet le commentaire laconique \u00e9mis par le G\u00e9n\u00e9ral, impassible, juste apr\u00e8s l&rsquo;attentat\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Cette fois, c&rsquo;\u00e9tait tangent\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0De cet attentat, mont\u00e9 comme une v\u00e9ritable op\u00e9ration de guerre, De Gaulle, sa femme, son gendre et le chauffeur n&rsquo;en \u00e9chappent en v\u00e9rit\u00e9 que par une sorte de miracle.<\/p>\n<p class=\"western\">Dans ses\u00a0<em>M\u00e9moires d&rsquo;espoir<\/em>, le G\u00e9n\u00e9ral retrace en quelques lignes l&rsquo;attentat\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Ce jour-l\u00e0\u00a0<\/em>(le 22\u00a0ao\u00fbt\u00a01962)<em>, au Petit-Clamart, la voiture qui me conduit \u00e0 un avion de Villacoublay, avec ma femme, mon gendre, Alain de Boissieu et le chauffeur Francis Marroux, est prise soudain dans une embuscade soigneusement organis\u00e9e\u00a0: mitraillade \u00e0 bout portant par plusieurs armes automatiques, puis poursuite men\u00e9e par tireurs en automobile. Des quelque 150 balles qui nous visent, 14 touchent notre v\u00e9hicule. Pourtant &#8211;\u00a0hasard incroyable\u00a0!\u00a0&#8211; aucun de nous n&rsquo;est atteint.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"western\">Cette fusillade multiple a dur\u00e9 quarante-cinq secondes. Quarante-cinq secondes, c&rsquo;est tr\u00e8s court et c&rsquo;est tr\u00e8s long. Une temporalit\u00e9 dramatique au cours de laquelle, le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle aurait logiquement d\u00fb mourir. Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9labr\u00e9 de la DS\u00a0Citro\u00ebn, cribl\u00e9e de balles sous la mitraille du commando, deux pneus crev\u00e9s, la bo\u00eete de vitesses hors d&rsquo;usage, les glaces pulv\u00e9ris\u00e9es, Marroux parvient \u00e0 rester ma\u00eetre du v\u00e9hicule, tout en acc\u00e9l\u00e9rant \u00e0 fond. Pour cette acc\u00e9l\u00e9ration salvatrice, Marroux pense \u00eatre mont\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 110\u00a0km\/heure. La D.S., dont Alain de Boissieu dit\u00a0<em>\u00ab\u00a0qu&rsquo;elle tangue comme un canot \u00e0 moteur\u00a0\u00bb<\/em>, roule pourtant sur deux jantes et deux pneus.<\/p>\n<p class=\"western\">L&rsquo;enqu\u00eate d\u00e9montrera que sur les quatorze impacts de balles, plusieurs ont perc\u00e9 la carrosserie \u00e0 hauteur des visages du G\u00e9n\u00e9ral et de madame de Gaulle, \u00e0 quelques centim\u00e8tres d&rsquo;eux. Le G\u00e9n\u00e9ral et sa femme sont couverts d&rsquo;\u00e9clats de verre. En s&rsquo;\u00e9poussetant, le G\u00e9n\u00e9ral s&rsquo;est l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 au doigt. Alain de Boissieu note que son beau-p\u00e8re a du sang sur le col. Mais il est indemne, tout comme son \u00e9pouse, son gendre et Francis Marroux. Les experts ont observ\u00e9 qu&rsquo;au calcul des probabilit\u00e9s, il n&rsquo;y avait pas une chance sur un million qu&rsquo;aucune des quatre personnes n&rsquo;ait subi la moindre \u00e9raflure \u00e0 travers la gicl\u00e9e de balles tir\u00e9es par le commando. 187 douilles seront retrouv\u00e9es sur le pav\u00e9 de l&rsquo;avenue de la Lib\u00e9ration. Eh bien\u00a0! Nous connaissons celui qui a permis ce miracle\u00a0: c&rsquo;est l&rsquo;adjudant de gendarmerie Francis Marroux.<\/p>\n<h2 class=\"western\"><strong>Une lettre d<\/strong><strong>e f\u00e9licitations du G\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/h2>\n<p class=\"western\">De Gaulle lui exprime sa gratitude dans une lettre qu&rsquo;il lui adresse le 11\u00a0septembre\u00a01962\u00a0:<\/p>\n<p class=\"western\"><em>\u00ab\u00a0Mon cher Marroux,<\/em><\/p>\n<p class=\"western\"><em>\u00c0 l&rsquo;occasion de votre promotion au grade de mar\u00e9chal des logis-chef, je suis heureux de vous adresser mes f\u00e9licitations.<\/em><\/p>\n<p class=\"western\"><em>Je ne saurais oublier que si, par deux fois, dans les circonstances que vous savez, les choses se sont bien pass\u00e9es, ce fut avant tout gr\u00e2ce \u00e0 votre sang-froid et \u00e0 votre courage. C&rsquo;est un t\u00e9moignage que je tenais \u00e0 vous donner, avec celui de ma satisfaction pour la conscience et le d\u00e9vouement dont vous faites preuve dans l&rsquo;exercice de vos fonctions.<\/em><\/p>\n<p class=\"western\"><em>Croyez, mon cher Marroux, \u00e0 mes sentiments bien cordiaux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"western\">Dans ses\u00a0<em>M\u00e9moires d&rsquo;espoir<\/em>, le G\u00e9n\u00e9ral conclut son bref r\u00e9cit de l&rsquo;attentat du Petit-Clamart par cette phrase\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Que de Gaulle continue donc de suivre son chemin et sa vocation\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Voil\u00e0 le signe fascinant du destin de l&rsquo;adjudant Marroux. C&rsquo;est gr\u00e2ce au sang-froid et au courage de son vaillant chauffeur que le Chef de l&rsquo;\u00c9tat peut continuer sa t\u00e2che nationale.<\/p>\n<h2 class=\"western\"><strong>L\u2019adjudant Marroux reste au service d<\/strong><strong>u G\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s sa d\u00e9mission<\/strong><\/h2>\n<p class=\"western\">Apr\u00e8s la d\u00e9mission du G\u00e9n\u00e9ral le 28\u00a0avril\u00a01969, l&rsquo;adjudant Marroux lui fait part d&rsquo;un v\u0153u secret qu&rsquo;il porte au profond de son \u00e2me. Le plus grand honneur d\u00e9sormais dans sa vie serait de rester au service du g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle. Le G\u00e9n\u00e9ral accepte imm\u00e9diatement. C&rsquo;est dire l&rsquo;attachement, la confiance et l&rsquo;estime que De Gaulle lui t\u00e9moigne. Marroux fait alors valoir ses droits \u00e0 la retraite par anticipation, le 1er\u00a0juin 1969, et retrouve aussit\u00f4t Colombey, o\u00f9 il s&rsquo;installe d\u00e9finitivement. Il loge dans la petite maison situ\u00e9e juste en face de la grille d&rsquo;entr\u00e9e de la Boisserie. Chauffeur priv\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral, Francis Marroux est aussi son homme de confiance.<\/p>\n<p class=\"western\">Lorsque le G\u00e9n\u00e9ral meurt, le 9\u00a0novembre\u00a01970, Francis Marroux est pr\u00e8s de lui. Dans ces moments ultimes, le d\u00e9vouement de Francis Marroux est \u00e0 la hauteur de sa grandeur d&rsquo;\u00e2me. Sa respectueuse et affectueuse sollicitude a profond\u00e9ment touch\u00e9 madame de Gaulle.<\/p>\n<p class=\"western\">Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle est mort \u00e0 la fin de cette journ\u00e9e du 9\u00a0novembre\u00a01970, \u00e0 dix-neuf heures vingt-cinq.<\/p>\n<p class=\"western\">Alors qu&rsquo;il est, comme chaque soir avant le d\u00eener, dans le salon biblioth\u00e8que, assis devant sa table de bridge, sur laquelle il a \u00e9tal\u00e9 ses cartes \u00e0 jouer pour faire une r\u00e9ussite, le G\u00e9n\u00e9ral pousse soudainement un cri de douleur et s&rsquo;affaisse dans son fauteuil. Il est entre dix-huit heures cinquante et dix-huit heures cinquante-cinq. Charlotte et Honorine se pr\u00e9cipitent dans la biblioth\u00e8que pour aider madame de Gaulle. Francis Marroux arrive imm\u00e9diatement. Puis il monte rapidement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage, o\u00f9 il prend un matelas sur un lit divan pour \u00e9tendre le G\u00e9n\u00e9ral. \u00c0 la demande de madame de Gaulle, Francis Marroux, aid\u00e9 par Charlotte et Honorine, couche le G\u00e9n\u00e9ral sur ce matelas dispos\u00e9 \u00e0 m\u00eame le sol dans la biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p class=\"western\">Le docteur Lacheny, de Bar-sur-Aube, et l&rsquo;abb\u00e9 Jaugey, cur\u00e9 de la Paroisse de Colombey, arrivent pr\u00e9cipitamment. Ils se retrouvent en m\u00eame temps \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la Boisserie, \u00e0 dix-neuf heures dix. Le docteur p\u00e9n\u00e8tre le premier dans la biblioth\u00e8que. Agenouill\u00e9, le m\u00e9decin est pench\u00e9 sur le G\u00e9n\u00e9ral. Puis, le pr\u00eatre entre et s&rsquo;agenouille \u00e0 son tour. Quelques minutes plus tard, le docteur Lacheny se tourne vers madame de Gaulle, lui signifiant, silencieusement, que son mari est mort. Seuls sont pr\u00e9sents dans la biblioth\u00e8que les uniques t\u00e9moins de la mort du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Ils sont tous \u00e0 genoux autour de lui, dans un grand silence\u00a0: Yvonne, son \u00e9pouse, Honorine et Charlotte, les deux aides m\u00e9nag\u00e8res, Francis Marroux, le fid\u00e8le entre les fid\u00e8les, le pr\u00eatre et le m\u00e9decin. Personne n&rsquo;a prononc\u00e9 une parole.<\/p>\n<p class=\"western\">Puis, \u00e0 la demande de madame de Gaulle, Francis Marroux, aid\u00e9 par le m\u00e9decin et par le pr\u00eatre, transporte le corps du G\u00e9n\u00e9ral au salon. Allong\u00e9 sur un divan au milieu du salon, on rev\u00eat le G\u00e9n\u00e9ral de son uniforme kaki, orn\u00e9 seulement du petit insigne en \u00e9mail de la France Libre. Le drapeau d&rsquo;\u00e9tamine qui \u00e9tait hiss\u00e9 \u00e0 La Boisserie, le 14\u00a0juillet, recouvre le corps du G\u00e9n\u00e9ral jusqu&rsquo;\u00e0 la poitrine. Pr\u00e8s du G\u00e9n\u00e9ral, sur une petite table, la flamme de deux cierges \u00e9claire un crucifix et une branche de buis dans une soucoupe d&rsquo;eau b\u00e9nite. \u00c0 ses pieds, le livre qui contient les noms de tous les compagnons de la Lib\u00e9ration et dont la couverture en argent est orn\u00e9e d&rsquo;une croix de la Lib\u00e9ration, un glaive surcharg\u00e9 d&rsquo;une croix de Lorraine.<\/p>\n<h2 class=\"western\"><strong>Fid\u00e8le jusqu\u2019au\u00a0<\/strong><strong>bout<\/strong><\/h2>\n<p class=\"western\">Apr\u00e8s la mort du G\u00e9n\u00e9ral, Francis Marroux, fid\u00e8le entre les fid\u00e8les, demeure au service de madame de Gaulle \u00e0 Colombey. Cette fid\u00e9lit\u00e9 est sans \u00e9gale. Je pense \u00e0 cette confidence du G\u00e9n\u00e9ral\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Ma femme, sans qui rien de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait n&rsquo;aurait pu l&rsquo;\u00eatre.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Ainsi, l&rsquo;adjudant de gendarmerie Francis Marroux aura \u00e9t\u00e9 au service du G\u00e9n\u00e9ral et de madame de Gaulle, de janvier\u00a01959 \u00e0 septembre\u00a01978.<\/p>\n<p class=\"western\">Le mercredi\u00a027\u00a0septembre\u00a01978 est un jour empreint d&rsquo;une grande \u00e9motion pour Francis Marroux. C&rsquo;est le jour o\u00f9 madame de Gaulle quitte d\u00e9finitivement La Boisserie. Marroux la conduit ce jour-l\u00e0 pour la derni\u00e8re fois. Direction Paris. C&rsquo;est un arrachement pour Yvonne de Gaulle de quitter sa maison de Colombey, o\u00f9 elle vivait depuis plus de trente\u00a0ans. Dans la voiture, madame de Gaulle est assise derri\u00e8re Francis Marroux, Philippe de Gaulle install\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re. \u00c0 partir de ce jour, madame de Gaulle vivra d\u00e9sormais jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort chez les S\u0153urs de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception de Notre-Dame de Lourdes, avenue de la Bourdonnais, \u00e0 Paris. Elle s\u2019\u00e9teindra le 8\u00a0novembre\u00a01979, au Val de Gr\u00e2ce.<\/p>\n<p class=\"western\">L&rsquo;Histoire retiendra aussi que l&rsquo;adjudant Francis Marroux est la seule personne qui aura \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente aupr\u00e8s de madame de Gaulle en quatre circonstances exceptionnelles\u00a0: lors des tragiques attentats, le 8\u00a0septembre\u00a01961 et le 22\u00a0ao\u00fbt\u00a01962, au moment de la mort du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, le 9\u00a0novembre\u00a01970, et lors du d\u00e9part d\u00e9finitif de madame de Gaulle de La Boisserie, le 27\u00a0septembre\u00a01978.<\/p>\n<p class=\"western\">Le destin de l&rsquo;adjudant de gendarmerie Marroux est vraiment extraordinaire. Un destin inscrit pour toujours dans l&rsquo;Histoire de France. Le destin d&rsquo;un gendarme qui a sauv\u00e9 la vie du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e0 deux reprises. Le destin d&rsquo;un gendarme dont toute l&rsquo;existence se r\u00e9sume en un mot\u00a0: l&rsquo;honneur.<\/p>\n<p>Source: gendinfo.fr<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1959, le colonel Robert-Pol Dupuy, nouveau\u00a0commandant militaire du Palais de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, demande au gendarme Francis Marroux, son ancien subordonn\u00e9 et compagnon dans la R\u00e9sistance, d&rsquo;\u00eatre le chauffeur attitr\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Une fonction que ce dernier remplira durant toute la pr\u00e9sidence du G\u00e9n\u00e9ral, de janvier\u00a01959 \u00e0 avril\u00a01969. Le M\u00e9morial Charles de Gaulle accueille, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5059,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"class_list":["post-5058","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5058","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5058"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5058\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5060,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5058\/revisions\/5060"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5058"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5058"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5058"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}