{"id":5621,"date":"2022-02-07T13:46:49","date_gmt":"2022-02-07T13:46:49","guid":{"rendered":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=5621"},"modified":"2022-02-07T13:46:49","modified_gmt":"2022-02-07T13:46:49","slug":"a-bure-les-gendarmes-a-lepicentre-de-la-contestation-antinucleaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2022\/02\/07\/a-bure-les-gendarmes-a-lepicentre-de-la-contestation-antinucleaire\/","title":{"rendered":"\u00c0 Bure, les gendarmes \u00e0 l&rsquo;\u00e9picentre de la contestation antinucl\u00e9aire"},"content":{"rendered":"<div class=\"description--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Bure, une petite commune situ\u00e9e au sud de la Meuse, constitue l&rsquo;\u00e9picentre de la contestation antinucl\u00e9aire en France. Depuis plus de vingt ans, les gendarmes font face aux opposants au Cig\u00e9o, un projet visant \u00e0 construire un centre de stockage de d\u00e9chets nucl\u00e9aires. Les tensions, profond\u00e9ment enracin\u00e9es, refont peu \u00e0 peu surface, notamment depuis l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des phases administratives pr\u00e9c\u00e9dant la mise en \u0153uvre du projet. Reportage.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"body--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, la commune de Bure, situ\u00e9e dans le sud de la Meuse, constitue l&rsquo;\u00e9picentre de la contestation antinucl\u00e9aire en France. Car c&rsquo;est dans cette r\u00e9gion que devrait \u00eatre construit le futur centre de stockage de d\u00e9chets nucl\u00e9aires.<\/p>\n<p>Baptis\u00e9 Cig\u00e9o, (acronyme de Centre Industriel de stockage G\u00c9Ologique), ce projet titanesque devrait voir le jour d\u2019ici une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es. Supervis\u00e9 par l&rsquo;ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des D\u00e9chets RAdioactifs), il devrait accueillir, \u00e0 500\u00a0m\u00e8tres sous la surface, les d\u00e9chets radioactifs de haute et moyenne activit\u00e9 \u00e0 vie longue du parc nucl\u00e9aire fran\u00e7ais. Et depuis le d\u00e9but de la construction du laboratoire de recherche souterrain en 2000, le projet fait face \u00e0 une vive r\u00e9sistance men\u00e9e par des associations d\u2019opposants.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0On vivait Bure, on respirait ANDRA.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019exemple n\u2019est pas le plus r\u00e9cent, mais il illustre parfaitement les tensions qui peuvent se cristalliser autour du projet. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a02017, une manifestation d\u2019opposants tourne \u00e0 l\u2019affrontement avec les forces de l\u2019ordre. Des installations du laboratoire de l\u2019ANDRA sont d\u00e9grad\u00e9es durant les d\u00e9bordements. En avril 2021, sept manifestants et opposants au projet, ayant particip\u00e9 aux violences au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 2017, ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, pour \u00ab\u00a0association de malfaiteurs\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0manifestation illicite\u00a0\u00bb. Le proc\u00e8s avait mobilis\u00e9 les diff\u00e9rents collectifs militants pour soutenir les mis en cause.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode assez mouvement\u00e9e\u00a0\u00bb, reconna\u00eet l\u2019adjudant-chef Gilles, commandant de la brigade de proximit\u00e9 de Gondrecourt-le-Ch\u00e2teau. De 2015 \u00e0 2018, la zone a connu d\u2019importantes turbulences, avec notamment l\u2019occupation du bois Lejuc, terrain destin\u00e9 au projet d\u2019enfouissement des d\u00e9chets nucl\u00e9aires, et la tentative d\u2019incendie d\u2019un restaurant situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 du laboratoire. \u00ab\u00a0On vivait Bure, on respirait ANDRA\u00a0\u00bb, se souvient le sous-officier. En 2018, cet \u00e9pisode de troubles prend fin avec l\u2019arriv\u00e9e permanente d\u2019un Escadron de gendarmerie mobile (EGM). \u00ab\u00a0Ce fut un vrai soulagement\u00a0\u00bb, conc\u00e8de-t-il.<\/p>\n<p>Cet \u00e9pisode de violences a laiss\u00e9 des traces, et pas que dans la m\u00e9moire des gendarmes. Elles ont paradoxalement disloqu\u00e9 l\u2019opposition, entre les partisans dits \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb et les plus radicaux. \u00ab\u00a0Beaucoup de militants historiques ont pris leurs distances avec ceux devenus trop violents\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise un autre adjudant-chef, \u00e9galement baptis\u00e9 Gilles, chef de la cellule renseignement et sp\u00e9cialiste de la question. Depuis, la situation est redevenue plus ou moins stable, quoique \u00e9maill\u00e9e par quelques incidents ponctuels. Mais depuis lors, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019opposition, des changements radicaux ont \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9s, et ce, sur tous les plans.<\/p>\n<h2>La professionnalisation de l\u2019opposition<\/h2>\n<p>Chez les manifestants d\u2019abord. Aujourd\u2019hui, la trentaine ou quarantaine de personnes, \u00ab\u00a0qui constituent le noyau dur\u00a0\u00bb, et qui sont pr\u00e9sentes sur place \u00e0 l\u2019ann\u00e9e, \u00ab\u00a0sont des activistes organis\u00e9s, dont certains disposent d&rsquo;un haut degr\u00e9 d&rsquo;instruction\u00a0\u00bb, avertit l\u2019adjudant-chef Gilles, de la cellule renseignement.<\/p>\n<p>Dans cet assortiment, viennent se greffer \u00ab\u00a0tous les profils de la mouvance ultra-gauche et anarchiste\u00a0\u00bb, ajoute le sous-officier. Parmi eux, on retrouve \u00e9galement des Gilets jaunes, des anti-Linky et anticolonialistes, des f\u00e9ministes, des LGBTQIA+, ainsi que des militants v\u00e9gans. Certains proviennent d\u2019autres pays europ\u00e9ens, \u00ab\u00a0comme l\u2019Allemagne et l\u2019Italie notamment.\u00a0\u00bb Pour tout ce petit monde, Bure constitue \u00ab\u00a0un passage oblig\u00e9 pour s\u2019entra\u00eener.\u00a0\u00bb Mais s\u2019exercer \u00e0 quoi exactement\u00a0? \u00ab\u00a0Ils font des simulations de maintien de l\u2019ordre avec boucliers, du secours en manifestation et des formations au sabotage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Fin ao\u00fbt dernier, les opposants avaient mis leur savoir-faire \u00e0 ex\u00e9cution en r\u00e9alisant un vrai tour de force. \u00c0 l\u2019occasion du festival autog\u00e9r\u00e9 \u00ab\u00a0les rayonnantes\u00a0\u00bb, ils avaient d\u00e9ploy\u00e9 quatre cort\u00e8ges, compos\u00e9s d\u2019une centaine de manifestants chacun. Les cohortes, coordonn\u00e9es entre elles, avaient pour objectif de converger vers un entrep\u00f4t de l\u2019ANDRA. \u00ab\u00a0Nous nous sommes \u00e9tonn\u00e9s du niveau d\u2019organisation des manifestants\u00a0\u00bb, reconna\u00eet le major Denis, chef du Centre des op\u00e9rations et de renseignement (CORG) du groupement.<\/p>\n<p>Entra\u00eenement \u00e0 l\u2019affrontement avec les forces de l\u2019ordre, op\u00e9rations coordonn\u00e9es et sabotage\u00a0; le mouvement des opposants au projet Cig\u00e9o, si h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne soit-il, est \u00ab\u00a0tr\u00e8s structur\u00e9\u00a0\u00bb, dispose \u00ab\u00a0d\u2019une capacit\u00e9 de communication, de mobilisation et d\u2019action qu\u2019il ne faut pas sous-estimer\u00a0\u00bb, confie un officier du groupement. Mais les opposants au projet ne se limitent pas \u00e0 mener des actions coup de poing en guise de protestation. \u00ab\u00a0Ils disposent d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019acquisition fonci\u00e8re bas\u00e9e sur le long terme\u00a0\u00bb, pr\u00e9vient le colonel Mark Evans, commandant du groupement de gendarmerie d\u00e9partementale de la Meuse.<\/p>\n<h2>Une strat\u00e9gie d\u00e9cennale<\/h2>\n<p>Sur le terrain, cette strat\u00e9gie immobili\u00e8re se traduit par l\u2019achat d\u2019une douzaine de propri\u00e9t\u00e9s, toutes situ\u00e9es \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du futur site d\u2019enfouissement. \u00ab\u00a0Elles leur servent de base logistique\u00a0\u00bb, d\u00e9crypte l&rsquo;officier sup\u00e9rieur. Certains sites, \u00ab\u00a0qui peuvent accueillir en cumul\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 1\u00a0000 personnes\u00a0\u00bb, sont d\u2019ailleurs positionn\u00e9s sur des lieux strat\u00e9giques, comme celui de l\u2019ancienne gare de Lum\u00e9ville-en-Ornois. C\u2019est par cet axe que passera la potentielle future ligne de chemin de fer permettant d\u2019acheminer les d\u00e9chets radioactifs.<\/p>\n<p>D\u2019autres sont plus symboliques. C\u2019est le cas de \u00ab\u00a0la maison de la r\u00e9sistance\u00a0\u00bb, une ancienne ferme retap\u00e9e par ses nouveaux propri\u00e9taires. Mais cette b\u00e2tisse, en plus d\u2019\u00eatre situ\u00e9e \u00e0 un trottoir seulement de la mairie de Bure, n\u2019est pas qu\u2019une simple vitrine pour les opposants au projet. Elle constitue \u00e9galement une base op\u00e9rationnelle avanc\u00e9e pour mener des op\u00e9rations coup de poing, comme celle conduite contre les membres de la commission d\u2019enqu\u00eate publique, le 17\u00a0septembre dernier.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Ni DUP, ni DAC\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Du 15\u00a0septembre au 23\u00a0octobre dernier, les membres de cette commission se r\u00e9unissaient afin de proc\u00e9der \u00e0 la demande de D\u00e9claration d\u2019utilit\u00e9 publique (DUP) du projet, phase administrative obligatoire qui pr\u00e9c\u00e8de la Demande d\u2019autorisation de cr\u00e9ation (DAC), pr\u00e9vue pour cette ann\u00e9e. La r\u00e9union du 17\u00a0septembre, qui s\u2019est tenue dans une commune situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Bure, s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans une ambiance \u00e9lectrique, \u00e0 la suite de la mobilisation de plusieurs dizaines d\u2019opposants.<\/p>\n<p>Mais cette d\u00e9monstration ne constitue que la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg. Car la tenue des multiples r\u00e9unions a raviv\u00e9 les tensions, au point que, selon certains gendarmes, \u00ab\u00a0les particuliers qui voulaient assister aux d\u00e9bats se voyaient menac\u00e9s.\u00a0\u00bb Chez les militaires, depuis la tenue de la DUP, et bient\u00f4t de la DAC, l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un durcissement de l\u2019opposition est prise tr\u00e8s au s\u00e9rieux.<\/p>\n<h2>La riposte<\/h2>\n<p>Si la DUP, et bient\u00f4t la DAC, semble donc ouvrir une nouvelle \u00e8re de tension, le colonel Mark Evans rappelle que la gendarmerie r\u00e9pond pr\u00e9sent\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons port\u00e9 des coups s\u00e9v\u00e8res (aux opposants), avec des peines de prison.\u00a0\u00bb Mais face \u00e0 une opposition unique en son genre, dont les modes d&rsquo;action peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s \u00e0 la fois de singuliers et de planifi\u00e9s, impossible, pour l&rsquo;officier, d&rsquo;avoir une strat\u00e9gie fig\u00e9e. \u00ab\u00a0Notre man\u0153uvre d\u2019ordre public doit \u00eatre souple et agile pour faire face \u00e0 une succession de temps forts et de temps faibles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Nous ne sommes pas une force d&rsquo;occupation.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour l&rsquo;instant donc, les gendarmes du groupement, bien aid\u00e9s par ceux de l&rsquo;EGM, effectuent un contr\u00f4le de zone. \u00ab\u00a0L&rsquo;objectif de la mission est de pr\u00e9venir les troubles \u00e0 l&rsquo;ordre public qui pourraient retarder ou menacer le projet Cig\u00e9o\u00a0\u00bb, d\u00e9taille le commandant de groupement. Ainsi, l\u2019une des priorit\u00e9s de l\u2019officier consiste \u00e0 \u00ab\u00a0interdire toutes les installations sauvages\u00a0\u00bb, en particulier dans la zone du bois Lejuc, pour les raisons expliqu\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment. \u00ab\u00a0Si nous ne sommes pas l\u00e0, on leur laisse le terrain. Les opposants, comme la nature, ont horreur du vide.\u00a0\u00bb<br \/>\nMais ce jeu du chat et de la souris se tient dans une zone de 150\u00a0km\u00b2. Difficile, par cons\u00e9quent, de tout contr\u00f4ler, \u00e0 moins de militariser la zone, ce qui est absolument hors de question pour l&rsquo;officier\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne sommes pas une force d&rsquo;occupation\u00a0\u00bb, mart\u00e8le-t-il.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9server la population locale<\/h2>\n<p>D&rsquo;autant qu&rsquo;entre les opposants et les gendarmes, il y a la population locale. \u00ab\u00a0Il faut avoir une attitude la moins oppressante pour elle.\u00a0\u00bb Et pour que la gendarmerie ne soit pas une nuisance, elle doit prendre des pr\u00e9cautions particuli\u00e8res. Par exemple, concernant le parc automobile, la p\u00e9taradante P4 a fait place au silencieux Duster, \u00ab\u00a0plus discret quand il s&rsquo;agit de patrouiller la nuit\u00a0\u00bb, tandis que le village dort.<\/p>\n<p>Dans cette zone rurale, o\u00f9 le nombre d\u2019habitants descend sous la barre des cinq au km\u00b2, il y a \u00e9galement des particularit\u00e9s \u00e0 prendre en compte, comme la pr\u00e9servation de l\u2019environnement et le respect de certaines activit\u00e9s, telles que la chasse\u00a0: \u00ab\u00a0On patrouille en dehors des p\u00e9riodes r\u00e9serv\u00e9es aux chasseurs pour \u00e9viter d\u2019effrayer le gibier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le contact avec la population et les \u00e9lus est, lui aussi, primordial. Chaque mois, lors de la rel\u00e8ve de l&rsquo;escadron, un brief&rsquo; est organis\u00e9 entre le commandant de groupement, les nouveaux arrivants et les divers \u00e9lus du secteur. \u00ab\u00a0Il faut que tout le monde s\u2019adapte au contexte op\u00e9rationnel du moment, \u00e0 la culture locale et d\u00e9veloppe le contact avec la population.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><main id=\"content\" class=\"container\"><\/p>\n<div class=\"row\">\n<article class=\"col-lg-8\">\n<div class=\"body--full\">\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Une population, qui, justement, devra continuer \u00e0 vivre avec des opposants au projet venus des quatre coins de France et de l\u2019\u00e9tranger. \u00ab\u00a0La lutte commence \u00e0 \u00eatre longue et s\u2019installe sur le long terme\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit le colonel Evans. Elle devrait d\u2019ailleurs s\u2019intensifier dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, selon certains militaires, notamment \u00e0 cause du projet de voie ferr\u00e9e, pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019horizon 2035, mais dont les travaux devraient d\u00e9buter en 2024.<\/p>\n<p>En attendant, d\u2019autres \u00e9v\u00e9nements risquent de perturber la tranquillit\u00e9 des Meusiens. Fin novembre dernier, le Gouvernement a annonc\u00e9 envisager la transformation d\u2019une zone de 3\u00a0695\u00a0ha en Op\u00e9ration d\u2019int\u00e9r\u00eat national (OIN). Concr\u00e8tement, cette surface correspond au projet souterrain Cig\u00e9o de stockage des d\u00e9chets nucl\u00e9aires. Une nouvelle qui insurge l\u2019opposition.<\/p>\n<p>Source: gendinfo.fr<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n<p><\/main><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bure, une petite commune situ\u00e9e au sud de la Meuse, constitue l&rsquo;\u00e9picentre de la contestation antinucl\u00e9aire en France. Depuis plus de vingt ans, les gendarmes font face aux opposants au Cig\u00e9o, un projet visant \u00e0 construire un centre de stockage de d\u00e9chets nucl\u00e9aires. 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