{"id":6948,"date":"2023-03-09T15:19:11","date_gmt":"2023-03-09T15:19:11","guid":{"rendered":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=6948"},"modified":"2023-03-09T15:19:11","modified_gmt":"2023-03-09T15:19:11","slug":"1983-2023-40e-anniversaire-de-lentree-des-femmes-dans-les-corps-des-sous-officiers-et-des-officiers-de-gendarmerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2023\/03\/09\/1983-2023-40e-anniversaire-de-lentree-des-femmes-dans-les-corps-des-sous-officiers-et-des-officiers-de-gendarmerie\/","title":{"rendered":"1983-2023 : 40e anniversaire de l\u2019entr\u00e9e des femmes dans les corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie"},"content":{"rendered":"<div class=\"fr-text--lead ezrichtext-field\">\n<p>Il y a 40\u00a0ans, deux d\u00e9crets autorisaient la pr\u00e9sence des femmes dans les corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie. Cette ouverture, progressive et tr\u00e8s encadr\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la lev\u00e9e successive des restrictions d\u2019emploi, avec notamment la suppression des quotas en 1998 et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 tous les postes d\u00e8s 2016, avec l\u2019ouverture de la gendarmerie mobile aux sous-officiers f\u00e9minins. Retour sur les grands jalons de cette \u00e9volution.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>C\u2019\u00e9tait en 1983, il y a 40\u00a0ans. Deux d\u00e9crets, publi\u00e9s le 10\u00a0f\u00e9vrier, autorisent la pr\u00e9sence de femmes dans les corps des sous-officiers (d\u00e9cret n\u00b083-96) et des officiers de gendarmerie (d\u00e9cret n\u00b083-94). Impuls\u00e9e par la Commission Prospective sur la femme militaire mise en place par Charles Hernu, ministre de la D\u00e9fense, en 1982, l\u2019ouverture des corps d\u2019officier et de sous-officier aux femmes fait partie des 30 mesures propos\u00e9es par le rapport r\u00e9dig\u00e9 par le m\u00e9decin inspecteur g\u00e9n\u00e9ral Val\u00e9rie Andr\u00e9 et remis au ministre le 1<sup>er\u00a0<\/sup>juillet\u00a01982.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, la place des femmes en gendarmerie, et dans les arm\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9tait rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 des fonctions de soutien administratif. Ainsi, d\u00e8s 1972, des femmes pouvaient servir en tant que gendarme auxiliaire f\u00e9minin gr\u00e2ce \u00e0 la loi du 9\u00a0juillet 1970, qui instaure l\u2019ouverture aux femmes du service national volontaire (25 postes ouverts, exclusivement dans des emplois administratifs). D\u00e8s 1975, certaines d\u2019entre elles pourront poursuivre leur carri\u00e8re en gendarmerie en contractant un engagement en tant \u00ab\u00a0qu\u2019engag\u00e9 f\u00e9minin du rang\u00a0\u00bb, toujours dans des emplois administratifs. Ces femmes pourront par la suite continuer leur carri\u00e8re dans l\u2019institution en int\u00e9grant la sp\u00e9cialit\u00e9 \u00ab\u00a0Emplois administratifs et d\u2019\u00e9tat-major de la gendarmerie\u00a0\u00bb d\u00e8s 1979.<\/p>\n<h2>1983\u00a0: d\u00e9but de la mixit\u00e9\u2026 avec restrictions<\/h2>\n<p>Cette mixit\u00e9 d\u00e9clin\u00e9e \u00e0 partir de 1983 \u00e9tait donc un signal important, m\u00eame si elle \u00e9tait toutefois dans les faits fortement restrictive. Ainsi, en 1983, les volumes annuels de recrutement \u00e9taient limit\u00e9s \u00e0 5\u00a0% et l\u2019ouverture concernait les unit\u00e9s de la gendarmerie d\u00e9partementale de plus de quinze personnels et les unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es de plus de huit personnels pour les sous-officiers de gendarmerie.<\/p>\n<p>Quant aux officiers de gendarmerie f\u00e9minins, ils n\u2019ont pas acc\u00e8s, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, aux emplois de la gendarmerie mobile, de la garde r\u00e9publicaine (\u00e0 l\u2019exception de l\u2019escadron motocycliste), ni \u00e0 la gendarmerie outre-mer et aux unit\u00e9s navigantes de la gendarmerie maritime. Ces emplois autoris\u00e9s ou interdits aux gendarmes f\u00e9minins \u00e9taient list\u00e9s dans deux arr\u00eat\u00e9s publi\u00e9s le 9\u00a0juin 1983. Il y avait donc une double limitation\u00a0: \u00e0 la fois en volume mais aussi sur la nature des postes propos\u00e9s.<\/p>\n<p>Au fil du temps, et toujours de fa\u00e7on tr\u00e8s progressive, ces limitations \u00e0 la fois quantitatives et qualitatives ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9es, dessinant les contours actuels de la place des femmes dans l\u2019Institution.<\/p>\n<h2>1998 \u2013 2016\u00a0: de la suppression des quotas \u00e0 l\u2019ouverture de tous les postes aux femmes<\/h2>\n<p>Ainsi, les quotas furent relev\u00e9s d\u2019environ un demi-point par an \u00e0 partir de 1984, pour atteindre 7,5\u00a0% en 1994. Ils furent supprim\u00e9s le 16\u00a0f\u00e9vrier 1998, avec l\u2019annonce de la professionnalisation des arm\u00e9es, qui acc\u00e9l\u00e8re la mixit\u00e9 au sein des forces arm\u00e9es. Quant \u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00e9 qui d\u00e9finissait la liste des postes ouverts aux sous-officiers f\u00e9minins, ses modifications, en 1984, puis 1986, leur permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 davantage de postes. Mais \u00e0 compter du 29\u00a0avril 1998, un nouvel arr\u00eat\u00e9 fixe les emplois qui ne peuvent \u00eatre tenus que par des sous-officiers, officiers et officiers mariniers masculins. C\u2019est ainsi qu\u2019une poign\u00e9e d\u2019emplois demeure encore ferm\u00e9e aux sous-officiers f\u00e9minins\u00a0: les unit\u00e9s navigantes de la gendarmerie maritime, les branches et unit\u00e9s de la gendarmerie mobile (\u00e0 l\u2019exception des orchestres de la garde r\u00e9publicaine et du groupe de s\u00e9curit\u00e9 de la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique).<\/p>\n<p>Pour les femmes officiers, un arr\u00eat\u00e9 du 28 f\u00e9vrier 1998 mentionne que les emplois du GSIGN leur sont ferm\u00e9s. Les justifications apport\u00e9es rel\u00e8vent de la nature des emplois, \u00ab\u00a0<em>impliquant la possibilit\u00e9 d\u2019un contact direct et prolong\u00e9 avec les forces hostiles ou bien s\u2019exer\u00e7ant dans des conditions particuli\u00e8res, notamment la promiscuit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ces emplois vont progressivement \u00eatre accessibles aux femmes entre 1999 (ouverture aux femmes des emplois au sein de la garde r\u00e9publicaine et du GSIGN) et 2016 (ouverture de la gendarmerie mobile aux sous-officiers f\u00e9minins). Depuis 2016, les femmes gendarmes ont donc acc\u00e8s aux m\u00eames postes que leurs homologues masculins.<\/p>\n<h2>Aujourd\u2019hui, les gendarmes f\u00e9minins repr\u00e9sentent 21,5\u00a0% des effectifs militaires<\/h2>\n<p>Aujourd\u2019hui, la place des femmes dans l\u2019Institution refl\u00e8te cette ouverture progressive et tr\u00e8s encadr\u00e9e. Au 31\u00a0d\u00e9cembre 2022, les gendarmes f\u00e9minins repr\u00e9sentent 21,5\u00a0% des effectifs militaires, pour un total de 21\u00a0715 femmes. Si une grande partie de ces effectifs est repr\u00e9sent\u00e9e par des sous-officiers de gendarmerie (13\u00a0722 femmes), il faut signaler que la part de femmes reste tr\u00e8s in\u00e9gale selon les statuts. Ainsi, les corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie sont les moins f\u00e9minis\u00e9s (respectivement 18\u00a0% et 11\u00a0% au 31-12-2022), alors que les sous-officiers et les officiers du corps technique et administratif sont fortement f\u00e9minis\u00e9s (64\u00a0% pour les CSTAGN et 54\u00a0% pour les OCTA au 31-12-2022). Le corps des volontaires, quant \u00e0 lui, est f\u00e9minis\u00e9 de fa\u00e7on stable au fil des ann\u00e9es, \u00e0 hauteur de 31\u00a0%.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais pr\u00e9sentes, quoique de fa\u00e7on tr\u00e8s in\u00e9gale, dans la plupart des emplois, technicit\u00e9s et sp\u00e9cialit\u00e9s de l\u2019arme, les gendarmes f\u00e9minins ne font donc plus figure d\u2019exception.<\/p>\n<h2>Marie Charpentier\u00a0: premi\u00e8re femme de l\u2019histoire de la gendarmerie\u2026 en 1794\u00a0!<\/h2>\n<p>N\u00e9anmoins, il est un personnage d\u2019exception que l\u2019on a souvent tendance \u00e0 oublier. En effet, la premi\u00e8re femme de l\u2019histoire de la gendarmerie fut la citoyenne Marie Charpentier (n\u00e9e le 3\u00a0septembre 1751), devenue gendarme le 27\u00a0juin 1794, au d\u00e9p\u00f4t de la 35<sup>e\u00a0<\/sup>division de gendarmerie \u00e0 Paris. En effet, elle poss\u00e9dait la m\u00e9daille des \u00ab\u00a0Vainqueurs de la Bastille\u00a0\u00bb, qui autorisait l\u2019admission dans cette division de gendarmerie, cr\u00e9\u00e9e en ao\u00fbt\u00a01792, et qui int\u00e9grait en particulier les titulaires de cette d\u00e9coration.<\/p>\n<p>Marie Charpentier fut en effet la seule femme \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de cette m\u00e9daille de reconnaissance de la patrie accord\u00e9e aux vainqueurs de la Bastille le 19\u00a0d\u00e9cembre 1790. Elle s\u2019est en effet distingu\u00e9e par \u00ab\u00a0un grand courage\u00a0\u00bb, ayant m\u00eame \u00e9t\u00e9 estropi\u00e9e \u00e0 cette occasion, b\u00e9n\u00e9ficiant ainsi d\u2019une pension pour cette action.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re femme gendarme de l\u2019histoire de France, elle sera n\u00e9anmoins contrainte de quitter rapidement le service en 1796, car \u00ab\u00a0<em>vu son sexe, n\u2019est point propre au service de guerre comme soldat et comme gendarme\u00a0\u00bb.\u00a0<\/em>Gr\u00e2ce \u00e0 Marie Charpentier, il est possible de mesurer aujourd\u2019hui tout le chemin parcouru\u2026<\/p>\n<p>Source: <a href=\"https:\/\/www.gendarmerie.interieur.gouv.fr\/gendinfo\/histoire\/1983-2023-40e-anniversaire-de-l-entree-des-femmes-dans-les-corps-des-sous-officiers-et-des-officiers-de-gendarmerie\">gendinfo.fr<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a 40\u00a0ans, deux d\u00e9crets autorisaient la pr\u00e9sence des femmes dans les corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie. 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