{"id":7066,"date":"2023-04-04T14:03:58","date_gmt":"2023-04-04T14:03:58","guid":{"rendered":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/?p=7066"},"modified":"2023-04-04T14:03:58","modified_gmt":"2023-04-04T14:03:58","slug":"criminalite-en-outre-mer-la-gendarmerie-adapte-sa-reponse-capacitaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/2023\/04\/04\/criminalite-en-outre-mer-la-gendarmerie-adapte-sa-reponse-capacitaire\/","title":{"rendered":"Criminalit\u00e9 en outre-mer : la gendarmerie adapte sa r\u00e9ponse capacitaire"},"content":{"rendered":"<div class=\"fr-text--lead ezrichtext-field\">\n<p>R\u00e9unis en s\u00e9minaire \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la gendarmerie nationale, au d\u00e9but du mois de mars 2023, les commandants de Sections de recherches (S.R.), les officiers-adjoints charg\u00e9s de la police judiciaire (OAPJ) et les chefs de Sections d&rsquo;appui judiciaire (SAJ) affect\u00e9s en outre-mer ont pu \u00e9changer avec leurs camarades de la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) sur l\u2019\u00e9volution de la criminalit\u00e9 dans les territoires ultramarins, et les r\u00e9ponses \u00e0 apporter.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"ezrichtext-field\">\n<p>Comme l\u2019a rappel\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral de division Lionel Lavergne, commandant de la gendarmerie d\u2019outre-mer (CGOM), en cl\u00f4ture du s\u00e9minaire qui a regroup\u00e9 les officiers et sous-officiers de la communaut\u00e9 Police judiciaire ultramarine, \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la gendarmerie nationale, \u00ab<em>\u00a0l\u2019outre-mer est au centre des pr\u00e9occupations de l\u2019ensemble des autorit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat, et la gendarmerie nationale est en premi\u00e8re ligne de la strat\u00e9gie sp\u00e9cifique de la France dans ces territoires, notamment sa composante de police judiciaire, qui occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>Plusieurs outre-mers<\/h2>\n<p>L\u2019observation de l\u2019\u00e9volution de la criminalit\u00e9 en outre-mer permet d\u2019identifier trois facteurs principaux : l\u2019importance du trafic de stup\u00e9fiants des Antilles vers la m\u00e9tropole ; le ph\u00e9nom\u00e8ne de bandes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re, notamment en Guyane et \u00e0 Mayotte, dans la commission des faits les plus graves ; une criminalit\u00e9 \u00e9conomique et financi\u00e8re, avec des atteintes \u00e0 la probit\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Mais il faut bien comprendre qu\u2019il n\u2019y a pas un, mais plusieurs outre-mers<\/em>, indique le lieutenant-colonel Philippe, du Bureau criminalit\u00e9 organis\u00e9e et d\u00e9linquance sp\u00e9cialis\u00e9e (BCODS), \u00e0 la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) de la gendarmerie nationale.\u00a0<em>Les probl\u00e9matiques ne sont en effet pas les m\u00eames aux Antilles ou \u00e0 Mayotte.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est dans le \u00ab bassin Atlantique \u00bb que la criminalit\u00e9 est la plus organis\u00e9e. En Guyane, on assiste \u00e0 la mont\u00e9e en puissance d\u2019une d\u00e9linquance exog\u00e8ne, en provenance du Br\u00e9sil et du Surinam essentiellement. Le ph\u00e9nom\u00e8ne se r\u00e9p\u00e8te aux Antilles, avec des Ha\u00eftiens, des Dominicains et des Saint-Luciens. \u00ab\u00a0<em>Il y a autour de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique, des pays qui connaissent de graves difficult\u00e9s \u00e9conomiques et sociales,<\/em>\u00a0d\u00e9crit le LCL Philippe.\u00a0<em>Pour les d\u00e9linquants venus de ces pays, la vie n\u2019a pas la m\u00eame valeur qu\u2019en France. On a donc affaire \u00e0 une criminalit\u00e9 de plus en plus violente, avec une hausse des atteintes aux personnes li\u00e9es aux diff\u00e9rentes formes de d\u00e9linquance ; ce ph\u00e9nom\u00e8ne est aggrav\u00e9 par des trafics d\u2019armes importants. En Guyane, on constate ainsi que cette violence n\u2019est plus uniquement li\u00e9e \u00e0 l\u2019orpaillage, mais gagne d\u00e9sormais les villes comme Kourou et Cayenne, avec une hausse des atteintes aux biens et aux personnes.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les Antilles et la Guyane sont ainsi devenues des zones de transit privil\u00e9gi\u00e9es des cartels pour le trafic de coca\u00efne, auquel participent des populations endog\u00e8nes, recrut\u00e9es notamment en tant que mules. Les trafiquants utilisent les nombreuses liaisons, qu\u2019elles soient maritimes ou a\u00e9riennes, de commerce ou de loisirs, pour \u00ab saupoudrer \u00bb la France et l\u2019Europe de coca\u00efne. \u00ab\u00a0<em>Tous les vecteurs sont int\u00e9ressants pour faire entrer leur marchandise, et cela reste tr\u00e8s difficile \u00e0 contr\u00f4ler,<\/em>\u00a0poursuit l\u2019officier sup\u00e9rieur de gendarmerie.\u00a0<em>Il faut du renseignement de qualit\u00e9<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Dans l\u2019oc\u00e9an Indien, la situation est tout autre. \u00ab\u00a0<em>\u00c0 Mayotte, l\u2019\u00c9tat est confront\u00e9 \u00e0 une d\u00e9linquance tr\u00e8s violente, l\u00e0 aussi en grande partie exog\u00e8ne, venue des Comores, mais on ne peut pas parler v\u00e9ritablement d\u2019une criminalit\u00e9 organis\u00e9e, hormis les r\u00e9seaux de passeurs<\/em>\u00a0\u00bb, consid\u00e8re le lieutenant-colonel Philippe. \u00c0 La R\u00e9union, le trafic de stup\u00e9fiants est une r\u00e9alit\u00e9, mais il est essentiellement zonal, avec Madagascar et l\u2019\u00cele Maurice, et impacte peu la m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>Enfin, dans le Pacifique, en Nouvelle-Cal\u00e9donie et en Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise, le trafic s\u2019op\u00e8re aussi principalement sur le bassin g\u00e9ographique, et il s\u2019agit essentiellement d\u2019Ice, une drogue de synth\u00e8se qui pose de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique. \u00ab<em>\u00a0Mais l\u00e0 encore, on ne peut pas consid\u00e9rer qu\u2019il y ait une criminalit\u00e9 organis\u00e9e pr\u00e9sentant un danger pour l\u2019\u00e9quilibre de la soci\u00e9t\u00e9, comme en Guyane, aux Antilles, ou dans certaines zones de la m\u00e9tropole.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<h2>S\u2019attaquer aux causes<\/h2>\n<p>Des probl\u00e9matiques et des territoires diff\u00e9rents donc, qui n\u00e9cessitent une adaptation permanente de la r\u00e9ponse capacitaire, mais avec un m\u00eame leitmotiv : s\u2019attaquer aux causes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>On ne peut pas traiter uniquement les cons\u00e9quences,<\/em>\u00a0insiste le LCL Philippe. I<em>l faut donc identifier ces r\u00e9seaux criminels. Pour cela, il faut adopter une approche pluridisciplinaire, reposant sur des missions de renseignement criminel et des capacit\u00e9s d\u2019investigations adapt\u00e9es, en associant sur chacune de ces phases des techniques sp\u00e9ciales d\u2019enqu\u00eate. Lorsqu\u2019un r\u00e9seau est identifi\u00e9, on va prioriser, en adaptant le curseur avec trois degr\u00e9s de r\u00e9ponse : un dispositif permanent et p\u00e9renne ; un renforcement d\u2019un Comgend, par le biais d\u2019une task force, pour traiter un ph\u00e9nom\u00e8ne, avec une modularit\u00e9 pour passer de l\u2019observation surveillance \u00e0 l\u2019investigation, puis \u00e0 l\u2019intervention ; enfin, l\u2019envoi plus ponctuel d\u2019enqu\u00eateurs de m\u00e9tropole, sur un dossier sp\u00e9cifique, au travers notamment de la cr\u00e9ation d\u2019une cellule nationale d\u2019enqu\u00eate, comme ce fut le cas r\u00e9cemment au b\u00e9n\u00e9fice du Comgend de Guadeloupe.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Autre enjeu pour la gendarmerie en outre-mer : adapter les profils des gendarmes au terrain. \u00ab\u00a0<em>Le Groupe d\u2019appui et de renseignements (GAR) de Cayenne ne peut pas \u00eatre compos\u00e9 comme celui de Papeete,\u00a0<\/em>estime l\u2019officier sup\u00e9rieur de la SDPJ.\u00a0<em>Il faut tenir compte des sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque territoire, et affecter ou d\u00e9tacher des gendarmes qui le connaissent. Par exemple, des lusophones en Guyane. Sans doute faut-il aussi des gendarmes qui s\u2019inscrivent dans le temps long sur un m\u00eame territoire, pour qu\u2019ils en soient r\u00e9ellement impr\u00e9gn\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar de ce qui se fait dans d\u2019autres r\u00e9gions de m\u00e9tropole.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Identifier les causes, organiser la r\u00e9ponse avec des renforts qui conviennent au besoin, et des profils adapt\u00e9s au terrain, mais aussi faire \u00e9voluer les strat\u00e9gies d\u2019enqu\u00eate en poussant trois leviers : d\u00e9velopper les techniques d\u2019enqu\u00eate avec des moyens mat\u00e9riels et humains ; d\u00e9cloisonner le renseignement, en op\u00e9rant des rapprochements avec les pays \u00e9trangers concern\u00e9s ; lutter contre les infrastructures logistiques et technologiques de cette d\u00e9linquance, comme l&rsquo;utilisation de r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9phonie chiffr\u00e9e. Les r\u00e9ponses aux d\u00e9fis pos\u00e9s par la criminalit\u00e9 organis\u00e9e en outre-mer sont donc tout \u00e0 la fois d\u2019ordre organisationnel, humain, technique et juridique.<\/p>\n<p>Source: gendinfo.fr<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9unis en s\u00e9minaire \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la gendarmerie nationale, au d\u00e9but du mois de mars 2023, les commandants de Sections de recherches (S.R.), les officiers-adjoints charg\u00e9s de la police judiciaire (OAPJ) et les chefs de Sections d&rsquo;appui judiciaire (SAJ) affect\u00e9s en outre-mer ont pu \u00e9changer avec leurs camarades de la Sous-direction de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":7067,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"class_list":["post-7066","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7066","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7066"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7066\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7068,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7066\/revisions\/7068"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7067"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7066"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7066"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avenir-gendarmerie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7066"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}