En 2024 et 2025, une centaine d’établissements scolaires volontaires ont expérimenté, en lien avec leur collectivité territoriale de rattachement, le port d’une tenue vestimentaire commune par les élèves. Quel premier bilan en tirer ?

Un document de travail publié le 12 mai 2026 par le ministère de l’éducation nationale dresse un premier bilan de l’expérimentation de l’uniforme à l’école. Il s’appuie sur une enquête statistique menée en juin 2025 auprès des directions des établissements expérimentateurs et sur une évaluation qualitative réalisée en mai-juin 2025 par un organisme d’étude indépendant.

L’expérimentation de la tenue scolaire unique

Destinée à réduire les différences sociales, à lutter contre les inégalités et le prosélytisme, la tenue scolaire unique vise à :

  • renforcer la cohésion entre les élèves ;
  • améliorer le climat scolaire ;
  • contribuer à créer une atmosphère de travail et d’égalité au sein de l’établissement ;
  • valoriser l’image de celui-ci en créant un sentiment d’appartenance et d’unité entre les élèves.

Une fois décidé en conseil d’école ou d’administration, le port de la tenue commune est inscrit dans le règlement intérieur de l’établissement. Le trousseau est financé par les collectivités locales, qui peuvent solliciter un cofinancement de l’État à hauteur de 50%, dans la limite de 100 euros par élève.

Durant l’année scolaire 2024-2025, la tenue commune a été testée dans :

  • 97 écoles du premier degré (dont 20 écoles maternelles), plus souvent situées en zone urbaine (91% contre 53% pour l’ensemble des écoles françaises) et intégrées à un réseau d’éducation prioritaire (27% contre 16%) ;
  • 22 établissements du second degré (14 collèges et 8 lycées).

Quels sont résultats de l’enquête statistique ?

Parmi les directeurs d’école interrogés :

  • 51% ont largement contribué à impulser la participation de leur école à l’expérimentation ;
  • 75% notent une progression du sentiment d’appartenance à l’école depuis la mise en œuvre du port de l’uniforme, 43% un effet bénéfique sur la cohésion entre élèves, 36% sur le climat scolaire, 33% sur la collaboration entre les élèves et 7% sur les apprentissages.

Sur les 16 chefs d’établissement du second degré ayant répondu :

  • 13 ont grandement contribué à impulser la participation à l’expérimentation ;
  • 13 perçoivent une évolution positive du sentiment d’appartenance, 11 une telle évolution pour le climat scolaire, 10 pour la cohésion entre les élèves et les problématiques de harcèlement, 7 pour l’ambiance de travail, 5 pour les acquis des élèves et 4 pour leur investissement.

La plupart des directeurs et des chefs d’établissement poursuivent l’expérimentation à la rentrée 2025 et y sont favorables.

Un éclairage qualitatif plus nuancé

Le bureau d’études a recueilli les observations et les ressentis des acteurs éducatifs, des élèves et des parents dans huit écoles et quatre collèges expérimentateurs reflétant la diversité des contextes.

À l’annonce de l’expérimentation, les réactions des élèves vont d’un intérêt initial à une forme de réserve ou de rejet. La tenue commune a un effet limité sur les interactions entre élèves ou le sentiment d’appartenance, et une influence symbolique (aux yeux des adultes) sur les apprentissages, le comportement et la réussite scolaire. Elle introduit également des tensions supplémentaires entre adultes et élèves en cas de non-respect du port de l’uniforme.

Source: vie-publique.fr