Le mot du Président

Un statut pour les retraités Avenir et Gendarmerie n°167 –Novembre 2022

Voici quelques années que nous sommes quelques associations à nous battre pour que soit enfin défini et reconnu un véritable statut des retraités. Car, si curieux que cela puisse paraître, la France s’intéresse beaucoup aux retraites qu’elle ne cesse de réformer (ou de vouloir réformer), mais elle se soucie guère du droit des retraités et plus particulièrement de leur statut, qu’elle n’a même pas commencé à mettre en chantier. C’est ainsi qu’on écarte tous nos seniors de toutes les institutions dédiées directement ou indirectement aux retraités en les parquant dans un véritable apartheid qui n’est pas digne de la patrie de la première déclaration des droits de l’homme. C’est pour cette raison aussi, que nous pensons que notre système de répartition, en brisant le lien qui unit les cotisations aux pensions, réduit injustement les retraités au rang d’assistés. En comprenant par notre ténacité, les moyens dérisoires dont nous disposons, nous avons entrepris de nous attaquer à ce déni qui retranche de la communauté nationale pas moins de 18 millions de retraités. Il a été créé à cette fin, le Mouvement National de Défense des Retraités. C’est un simple collectif apolitique qui réunit une bonne dizaine d’associations nationales de retraités appartenant tant au secteur privé qu’au secteur public dont la FNRG. Ce mouvement se sent plus proche du terrain que des associations plus puissantes, mais pour qui le statut du retraité demeure toujours une préoccupation parfaitement étrangère. La preuve, nous sommes les seuls de tout le monde associatif à réclamer officiellement que la garantie du pouvoir des pensions remonte désormais à la Constitution, la protection de la loi se révélant insuffisante. C’est donc dans ce cadre particulier que nous avons décidé de saisir la double opportunité de l’imminence de la loi sur le pouvoir d’achat et la prochaine réforme des retraites pour rappeler à l’ensemble du Parlement que malgré les annonces et les promesses des uns et des autres, les retraités ne bénéficient d’aucune véritable garantie du pouvoir d’achat de leurs pensions. Ceci est d’autant plus navrant que l’article L161-25 du Code de la sécurité sociale affirme sans aucune ambiguïté et depuis des années le principe de l’indexation des pensions contre l’inflation. Il est déplorable que la loi elle-même ne suffise pas à prémunir les retraités contre la perte de leur pouvoir d’achat. Il est donc proposé de faire « monter la garantie » de ce pouvoir dans la Déclaration des droits l’homme et du citoyen, complétée d’un article 18 assurant à tous les travailleurs parvenus au terme de leur carrière le droit à une fin de vie décente par la sécurisation viagère du pouvoir d’achat et de leurs pensions de retraite. Un autre sujet nous préoccupe, la réforme de la protection sociale dans la fonction publique qui doit être fixée dans un cadre complémentaire en mutation et des enjeux fondamentaux. À chaque fois que notre pays est éprouvé ou soumis à un nouveau défi, les fonctionnaires publics et territoriaux, ainsi que les militaires sont là en première ligne : intempéries, attentats, éducation, qualité des soins, accompagnement du grand âge. Pourtant ces personnes vont mal et c’est le service public qui se dégrade ; elles méritent une couverture globale de bon niveau (santé, prévoyance, dépendance, accompagnement social et prévention). Mais les moyens manquent, leur santé est exposée et tend à se dégrader. La santé n’est pas un bien comme les autres, la solidarité doit guider les choix qui définiront la protection sociale complémentaire de demain, et ce, pour l’ensemble des agents publics. Les enjeux communs sont d’assurer une solidarité effective entre actifs et retraités, de garantir l’accès financier de tous à l’indispensable couverture prévoyance et de renforcer la prise en compte des questions d’accompagnement social et de prévention. Je terminerais mes propos par une locution latine qu’avait employée Jules César : « Alea jacta est » signifiant « le sort en est jeté » !

Jean-Claude Fontaine, Président national