Le mot du Président

Que la force soit avec nous Avenir et Gendarmerie n°164 – Juillet-Août 2022

Cette phrase culte de l’univers cinématographique « Star Wars » (ou « La Guerre des étoiles ») : « Que la force soit avec toi » est utilisée pour souhaiter une bonne chance, généralement à quelqu’un partant affronter un danger. Elle semble être une sorte d’énergie omniprésente qui émane de tout être et qui les relie. Elle est aussi mystérieuse et personne n’a jamais réussi à en percer l’origine. Nous pouvons dire que tout individu peut être capable de la contrôler et obtenir d’intéressantes facultés. Cette force, nous l’avons en nous, mais parfois nous pouvons en douter lorsqu’elle est employée à mauvais escient. C’est la cas actuellement en Ukraine où des actes abominables sont commis par un dictateur russe avide d’hégémonie.

La doctrine française du maintien de l’ordre est confrontée à de nouvelles formes de mobilisation qui ont fait évoluer ses pratiques. Ces méthodes des forces de l’ordre, jugées trop violentes, sont dénoncées par les manifestants, tandis que le malaise s’accroît chez les gendarmes et policiers. Dans un contexte de paix civile, la notion de maintien de l’ordre équivaut à assurer la sécurité des communautés et des individus, c’est-à-dire pour prévenir l’incivilité (actes qui ne constituent pas forcément les infractions pénales). Elle n’est donc pas liée à la lutte contre la criminalité. Ce maintien de l’ordre peut-être un prétexte pour restreindre les libertés. Dans une démocratie, il doit garantir des droits et notamment les droits des individus à la liberté d’opinion et d’expression, à la sécurité de la personne, à la circulation, à la propriété. Avant de parler des droits encore faut-il rappeler aux personnes qu’ils doivent songer à leur devoir de citoyen.

Les forces de l’ordre sont confrontées à des situations allant du simple service d’ordre à l’émeute, voire à l’insurrection et dont les conséquences, notamment en cas de bavure, peuvent gravement affecter la vie sociale et politique du pays. C’est pourquoi les professionnels de la sécurité intérieure bénéficient d’un entraînement spécifique et disposent de moyens et de tactiques adaptés. Ces soldats du maintien de l’ordre sont pris à partie non pas par des ennemis, mais par des citoyens temporairement égarés. Il convient donc de les contenir et de les canaliser avec un minimum de violence en leur laissant toujours une porte de sortie, sous le contrôle constant des autorités administratives et judiciaires. Les responsables du maintien de l’ordre doivent tenir compte de la violence des personnes non concernées à priori par les motivations des manifestants et qui s’insèrent soit à titre individuel soit au sein de groupes organisés dont la finalité est la provocation et la casse. Dans le contexte actuel du maintien de l’ordre, il n’est pas facile de commander un escadron de gendarmerie mobile ou une compagnie républicaine de sécurité et de prendre une décision adéquate. Cependant, la force doit toujours rester à la loi.

Enfin, les pouvoirs publics devraient légiférer en instituant une loi spécifique sur la présomption d’innocence de légitime défense pour les forces de l’ordre. Retenons cette citation de Michel Houellebecq : « Évidemment que la police doit agir quand des gens ont un comportement qui n’est pas conforme à la morale. Le maintien de l’ordre est une chose normale. Il n’y a pas de raison d’être menacé dans la vie quotidienne. Dans le roman, il y a cet aphorisme que j’aime bien : “La gendarmerie est un humanisme” ».

Jean-Claude Fontaine, Président national