Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié son rapport annuel sur les perspectives du système de retraite en France. Cette édition intègre de nouvelles hypothèses démographiques avec un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme (contre 1,8 qui était le taux retenu dans les précédents rapports) à partir de 2028.

Remis le 11 juin 2026, le rapport 2026 du Conseil d’orientation des retraites (COR) présente ses projections sur l’état du système de retraite à l’horizon 2070.

Ce rapport s’appuie sur de nouvelles hypothèses démographiques publiées par l’Insee en avril 2026. Alors que les précédents rapports du COR retenaient un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme, les projections 2026 s’appuient sur un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028. La hausse du solde migratoire (+150 000 par an dès 2026) retenue serait cependant insuffisante pour compenser la hausse de la mortalité et maintenir le solde naturel. Ces évolutions influencent directement les perspectives financières du système de retraite.

Un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2025

En 2025, le système de retraite (régimes de base et complémentaires compris) présente un déficit estimé à 5,1 milliards d’euros (soit 0,2% du PIB). Dans le scénario de référence, ce déficit continuerait de se creuser pour atteindre environ 6,8 milliards d’euros en 2030, puis jusqu’à 2,4% du PIB en 2070.

Dans le même temps, les dépenses de retraite resteraient globalement stables jusqu’en 2045, autour de 14,1% à 14,2% du PIB, avant de progresser à environ 15,3% en 2070.

Les dépenses de retraite s’élèvent à 422 milliards d’euros en 2025, soit 14,1% du PIB, et représentent 24,3% de l’ensemble des dépenses publiques, un niveau élevé en comparaison internationale.  Après l’Italie, la France est le deuxième pays présentant la part la plus élevée de dépenses de retraite publiques parmi les pays suivis par le COR. En revanche, pour les dépenses de retraite par habitant, elle se situe en sixième position, derrière notamment les États-Unis, l’Italie et la Suède. Cet écart de classement s’explique en partie par un PIB par habitant plus faible en France.

À l’inverse, les ressources diminueraient progressivement, passant de 13,9% du PIB en 2025 à 12,9% en 2070. C’est ce déséquilibre qui explique la progression du déficit à long terme. En 2025, elles s’élèvent à environ 417 milliards d’euros, dont près des deux tiers sont financés par les cotisations, le reste provenant de contributions et subventions publiques.

La baisse des ressources s’expliquerait principalement par le recul du poids des régimes de la fonction publique et des régimes spéciaux, dont l’équilibre repose sur des subventions de l’État. Celles-ci diminuent mécaniquement avec leurs dépenses, passant de 1,9% du PIB en 2025 à 1,1% en 2070, d’après le COR.

Niveau de vie, montant des pensions et âge de départ

Si le vieillissement de la population exerce des tensions sur le système de retraite, celles-ci sont compensées par 

  • les réformes des retraites. Celles-ci continueraient de produire leurs effets jusqu’aux années 2040, avec un âge de départ atteignant environ 64,5 ans en 2040 puis 64,6 ans en 2070. Cela signifie que les assurés travaillent plus longtemps, ce qui limite les dépenses de retraite. Toutefois, une partie des gains d’espérance de vie serait consacrée à une durée de retraite plus longue plutôt qu’à une prolongation de la carrière ;
  • l’évolution du montant des pensions. La pension moyenne augmenterait en euros constants, mais moins vite que les salaires des actifs. Cela entraînerait une baisse relative du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs et contribuerait à limiter les dépenses de retraite. 

Le rapport souligne que les retraités ont souvent moins de charges familiales et davantage de patrimoine, ce qui atténue les écarts de niveau de vie avec les actifs.

Le rapport montre également une baisse à venir du taux de remplacement, cette baisse est plus forte pour les fonctionnaires à cause de la part croissante des primes dans leur rémunération, primes qui ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite.

S’agissant de l’âge moyen de départ à la retraite, il augmente régulièrement et devrait se stabiliser à 64,6 ans. Si le recul de l’âge de départ soutient l’activité économique en augmentant l’offre de travail, il pourrait toutefois entraîner temporairement une hausse du chômage et une hausse des dépenses sociales (dépenses de santé notamment).

Source: vie-publique.fr