Depuis 2003, les épisodes caniculaires se multiplient en France et en Europe. L’Hexagone connaît quasiment chaque été une période de forte chaleur. Tous les départements ne sont pas touchés avec la même intensité. En 2026, les épisodes caniculaires sont particulièrement précoces, intenses et étendus.
Comment est mesurée une vague de chaleur ?
L’intensité d’une vague de chaleur est mesurée par un indice biométéorologique (IBM) calculé en moyennant les températures maximales et minimales sur trois jours. Cet indice mis en place par Santé publique France est établi en fonction des spécificités de chaque département. Au-delà de certains seuils départementaux d’IBM, l’alerte canicule est déclenchée avec d’abord le niveau de vigilance météorologique orange, le niveau rouge correspondant pour sa part à une canicule extrême. La période de veille pour ce type de risque s’étend en principe du 1er juin au 15 septembre de chaque année. Toutefois, pour la première fois depuis la mise en place du dispositif de vigilance canicule en 2004, une vigilance canicule a été déclenchée en mai 2026 c’est-à-dire avant la mise en place effective de la période de veille.
2003 : une canicule historique
Été 2003
L’épisode s’étend du 2 au 17 août 2003, soit pendant 15 jours. La barre des 35 degrés Celsius (°C) est dépassée plus de 10 jours de suite par endroits sur une large moitié Sud du pays. La canicule de 2003 reste identifiée comme la vague de chaleur la plus forte qu’a connu la France hexagonale depuis le début des mesures en 1947. La journée du 5 août 2003 est longtemps restée en tête du classement des journées les plus chaudes qu’ait connu la France, battue récemment par les journées de juin 2026.
À la suite de la canicule de 2003, le ministère chargé de la santé a mis en place un dispositif national de gestion sanitaire des vagues de chaleur visant à prévenir et limiter les impacts sanitaires des vagues de chaleur.
2006-2026 : des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents
Des épisodes caniculaires se produisent quasiment chaque année dans certains départements de France, voire sur l’ensemble du territoire. En voici les plus marquants depuis 2006.
Été 2006
Si les températures, aussi bien minimales que maximales, ont été nettement en dessous de celles observées durant la canicule d’août 2003, la vague de chaleur de ce mois de juillet s’est singularisée par sa durée exceptionnelle, se prolongeant durant 19 jours entre les 10 et 28 juillet 2006.
Été 2017
Une vague de chaleur très étendue et précoce du 17 au 24 juin 2017 touche 90 départements qui sont placés en vigilance canicule jaune ou orange. 96% de la population hexagonale a été concernée. Cette canicule présente des situations d’expositions nouvelles en milieu scolaire. Sur l’ensemble des périodes de dépassements des seuils, 474 décès en excès sont observés.
Été 2018
Des épisodes de forte intensité ont lieu du 24 juillet au 8 août 2018. Au plus fort de cet épisode, le 6 août, 67 départements étaient en vigilance orange, 18 en vigilance jaune, représentant 70% de la population hexagonale. Au cours des périodes de dépassements des seuils d’alerte et sur l’ensemble des départements concernés, 1 480 décès en excès ont été observés, soit une surmortalité de 15%.
Été 2019
Deux épisodes caniculaires ont lieu du 24 juin au 7 juillet 2019 et du 21 au 27 juillet 2019. Les canicules de l’été 2019 ont causé la mort de 1 435 personnes en France, selon le bilan de Santé publique France. Toutes les classes d’âge ont été impactées par cette surmortalité.
Été 2020
L’été 2020 est marqué par trois vagues de chaleur dont une particulièrement sévère dans le Nord de la France. Les départements impactés par au moins une vague de chaleur rassemblent plus de 50 millions de résidents, soit 77% de la population hexagonale. 1 924 décès en excès (+18%) ont été observés lors des périodes de dépassement des seuils d’alerte dans les départements concernés.
Été 2022
Les trois épisodes caniculaires de l’été 2022 et la recrudescence de Covid-19 causent une surmortalité de 2 816 décès selon Santé publique France dans son bilan du 22 novembre 2022. Entre le 1er juin et le 15 septembre 2022, trois épisodes de canicule intense se succèdent (14-22 juin, 9-27 juillet, 29 juillet-14 août), touchant 78% de la population hexagonale.
Été 2023
L’été 2023 est marqué par quatre épisodes de canicule : deux en juillet, un particulièrement intense et long en août, puis un plus tardif en septembre. 68 départements, soit 73% de la population hexagonale, ont connu au moins un jour de canicule. Le nombre des décès imputables à une exposition à la chaleur s’élève à :
- plus de 5 000 sur tout l’été, ce qui représente 3% de la mortalité totale sur la période ;
- plus de 1 500 en période de canicule, soit plus de 10% de la mortalité constatée durant ces épisodes.
Été 2024
L’été 2024 est marqué par trois épisodes de canicule. Le principal a touché 43 départements, soit 40% de la population hexagonale, du 28 juillet au 14 août, les deux autres se centrant sur les Pyrénées-Orientales et les Alpes-Maritimes. La chaleur a fortement affecté la santé de la population. Le nombre de décès imputables à une exposition à la chaleur s’élève à :
- plus de 3 700 sur tout l’été, ce qui représente 2% de la mortalité totale sur la période ;
- 680 en période de canicule, soit plus de 10% de la mortalité observée au cours de ces épisodes.
Été 2025
L’épisode de chaleur exceptionnelle a débuté le 8 août sur la moitié sud du pays, avec des températures particulièrement élevées dans le sud méditerranéen le 10 août. La chaleur a atteint un niveau exceptionnel entre le 11 et le 13 août du Sud-Ouest au Centre-Est, avec jusqu’à 14 départements en vigilance rouge. Une nouvelle accentuation de la canicule s’est opérée par le Sud-Ouest le 15 août, et un second pic a été atteint le 16, avant la régression de la chaleur vers le sud à partir du 17 août. Le nombre de décès imputables à une exposition à la chaleur s’élève à :
- plus de 5 700 décès sur tout l’été, soit plus de 3% de la mortalité totale sur la période ;
- plus de 1 900 décès en période de canicule, soit plus de 12% de la mortalité observée pendant ces épisodes.
Printemps-été 2026
La vigilance canicule a été déclenchée pour la première fois au mois de mai . Le 28 mai, les températures atteignent 37,8 °C à Angoulême-La Couronne (Charente), 37,6 °C à Narbonne (Aude), 37,4 °C à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Jamais un tel niveau de chaleur n’avait été mesuré au mois de mai depuis le début des relevés. Plus de la moitié de la France a connu un record mensuel de chaleur.
L’épisode du mois de juin provoque à son tour des hausses de températures sans précédent, y compris la nuit. Son étendue sur le territoire, sa durée et son intensité sont comparables à l’épisode caniculaire de 2003. La journée du 23 juin 2026 est la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, selon Météo-France, avec une température de 29,9 °C (moyenne des températures du jour et de la nuit sur l’ensemble du pays) dépassant le record de 29,4 °C de la canicule de 2003. Les températures ont atteint 44,3 °C dans les Landes. Le 23 juin, la France connaît également l’après-midi le plus chaud, avec une moyenne des températures maximales de 38,2 °C. D’après les chiffres de Santé publique France, 2 025 décès supplémentaires ont été enregistrés sur la semaine du 22 au 28 juin 2026 par rapport à la semaine précédente, soit une hausse des décès de +29,1%.
Un nouvel épisode caniculaire débute le dimanche 5 juillet avec sept départements du sud en vigilance orange canicule. Les très fortes chaleurs s’intensifient les jours suivants sur une grande partie du territoire national avec 35 à 38 °C sur la plupart des régions, voire localement davantage (43 °C dans l’Hérault, 41,4 °C dans le Lot et les Pyrénées-Orientales). Il s’agit du troisième épisode caniculaire en moins de deux mois.
Source: vie-publique.fr







