Depuis le mois de novembre, les personnes souffrant d’une déficience visuelle, modérée ou sévère, ont accès à des guides en braille et en grands caractères, édités par le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Allier, qui a obtenu pour cela un Prix de la Prévention. Focus sur cette initiative à l’occasion de la Journée mondiale du braille.

À l’initiative du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Allier, quatre guides de prévention en braille et en grands caractères sont désormais distribués aux personnes souffrant d’une déficience visuelle modérée ou sévère. Ils portent sur les problématiques de la sécurisation des biens, de la sécurité sur Internet, des Violences intra-familiales (VIF) et du harcèlement scolaire.

Pour la colonelle Isabelle Oréfice, qui commande le GGD, la sensibilisation à la question du handicap ne date pas d’hier, et remonte même à son enfance. « Quand j’étais petite fille, je possédais un livre sur la vie de l’autrice Helen Keller, devenue aveugle, sourde et muette, raconte-t-elle. Helen vivait dans un isolement total, mais avait réussi à en sortir et à faire des études. J’ai été très marquée par ce destin et, tout au long de ma carrière professionnelle, notamment en travaillant sur la politique du handicap au ministère des Armées, j’ai été amenée à prendre en compte cette problématique. Lorsque j’ai pris le commandement du groupement de gendarmerie de l’Allier, j’ai tout de suite voulu que les gendarmes aillent vers ce monde du handicap. »

Le GGD est entré pour cela en contact avec la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Nous nous sommes rendu compte qu’il n’existait pas de supports rendant accessibles les messages de prévention de la délinquance aux personnes souffrant d’une déficience visuelle modérée ou sévère, poursuit la colonelle Oréfice. Il existe des dispositifs en gendarmerie pour accueillir les sourds et malentendants, qui par ailleurs ont accès à la lecture, et disposent d’appareils auditifs ou peuvent lire sur les lèvres, ce qui contribue à diminuer leur isolement et leur permet de vivre en autonomie. C’est beaucoup plus compliqué pour les non-voyants et les malvoyants, qui ont en permanence besoin d’être accompagnés. Raison pour laquelle nous avons orienté nos efforts vers ce public. »

Prochaine étape : la déficience mentale

Fruit d’un travail collectif mené au sein du GGD, en partenariat avec l’association Valentin Hauy, et financé par des dons de la Société des Membres de la Légion d’Honneur, de la Section de la Légion d’Honneur de l’Allier et des Képis Pescalunes, ce projet a été présenté à l’Institut des jeunes aveugles de Moulins, le 4 octobre, à l’occasion de la Journée nationale des aveugles et malvoyants. L’initiative a par ailleurs été saluée par le chanteur Gilbert Montagné, originaire de l’Allier.

Pour la commandante du GGD, ces guides en braille et en grands caractères ne constituent qu’une première étape dans la prévention à destination des personnes handicapées. « La Maison de protection des familles (MPF) a pris ce sujet à bras-le-corps. Tous les personnels vont être formés par des spécialistes du monde du handicap, afin de mieux prendre en compte les victimes, mais aussi les auteurs. Pour le moment, nous consacrons nos efforts sur la déficience visuelle, mais nous élargirons ensuite avec la prise en compte de la déficience mentale. »

Pour son initiative, le GGD de l’Allier a été récompensé par un Prix de la prévention, remis jeudi 24 novembre dernier, en clôture des Rencontres AGIR, et octroyé par un jury composé de gendarmes et de professionnels œuvrant dans le domaine de la prévention et du partenariat.

Source: gendinfo.fr