Alors que les opérations « Place Nette » se poursuivent sur l’ensemble du territoire, en métropole et en Outre-mer, le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Haute-Savoie a lancé une nouvelle opération. Contrôles de zone, de flux et des transports, opérations anti-délinquance… seize interventions ont ainsi été conduites, entre le 14 et le 16 mai 2024, par les gendarmes du territoire, avec l’appui d’autres unités déployées en renfort. Focus sur l’action menée le 15 mai, à Annecy.

Ancienne bourgade rurale, la commune de Seynod a connu une véritable explosion démographique au cours des dernières décennies. Le 1er janvier 2017, elle fusionne avec les villes d’Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet et Pringy, pour former avec elles une commune nouvelle, où résident aujourd’hui plus de 130 000 habitants. Face à la pression démographique observée ces cinquante dernières années, de nombreux logements sociaux ont été construits. Dans les années soixante-dix, le nouveau quartier de Champ Fleuri sort de terre. À présent considéré comme l’un des secteurs les plus sensibles d’Annecy-Seynod, il concentre une forte délinquance. C’est ici que s’est déroulée, ce mercredi 15 mai 2024, une opération « Place Nette ».

Depuis plusieurs mois, de nombreuses opérations coup de poing sont ainsi menées sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin, sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer. Objectif : renforcer la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes, notamment le trafic de stupéfiants, grâce à la mobilisation d’importants moyens humains et matériels.

Des moyens à la hauteur des enjeux

Mercredi 15 mai 2024. Il est 16 h 30, lorsque débute le brief « opération Place Nette » au sein des locaux de la Brigade territoriale autonome (BTA) d’Annecy-Seynod. Penchés sur la carte disposée au centre sur la table, les militaires répètent dans les moindres détails le déroulé de l’intervention, dont le déclenchement est prévu à 17 h 30, dans le quartier de Champ Fleuri. C’est une opération d’ampleur qui se prépare, à laquelle prendront part plus d’une trentaine de gendarmes, issus d’unités plurielles. Huit gendarmes de la BTA d’Annecy-Seynod, trois du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) d’Annecy, seize militaires de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 22/6 de Hyères, trois motocyclistes de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de la Haute-Savoie, une équipe cynophile du Groupe d’investigations cynophile (GIC) de Bonneville seront ainsi déployés, appuyés par trois policiers municipaux. Coordonnée par le lieutenant Christopher, commandant de la BTA d’Annecy-Seynod, l’intervention se déroulera en présence de la cheffe d’escadron Marlène Gillet, commandante de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) d’Annecy.

Alors que le brief préparatoire vient de s’achever, les militaires embarquent à bord de leur véhicule, pour converger vers le secteur d’intervention, situé à quelques encablures de la brigade. Les gendarmes et les policiers municipaux interviendront dans un périmètre ciblé, regroupant un ensemble d’immeubles récents, d’une demi-douzaine d’étages, implantés dans un environnement verdoyant. Ce quartier sensible, en proie à de multiples problématiques de délinquance, notamment de trafic de stupéfiants, fait l’objet d’une surveillance quotidienne de la part des forces de sécurité intérieure. « L’opération d’aujourd’hui présente plusieurs vertus, indique le major Laurent, adjoint au commandant de la BTA d’Annecy-Seynod. L’objectif est de marquer et d’asseoir une présence dissuasive. À l’approche de l’été, les comportements délictueux se multiplient, à l’instar des rodéos urbains, véritable fléau pour les habitants du quartier. Notre action vise en outre à rassurer et protéger la population, laquelle aspire à vivre en toute tranquillité. »

Par ailleurs, l’évolution de la délinquance et la mobilité grandissante des trafiquants impliquent l’adaptation constante des gendarmes. Aussi, ces opérations coup de poing constituent un levier supplémentaire contribuant à maintenir la pression sur les délinquants, et à agir simultanément sur plusieurs fronts, grâce aux moyens déployés.

« Ce quartier n’est pas une zone de non-droit »

À l’arrivée des forces de l’ordre sur les lieux, le dispositif se déploie selon le plan préétabli. Tandis que les différentes équipes pénètrent dans les halls d’immeubles afin de procéder à l’inspection des parties communes et des caves, une patrouille se met en place aux abords des bâtiments afin de sécuriser l’intervention. Dans le même temps, d’autres militaires quadrillent le secteur, contrôlant les personnes et les véhicules sur la voie publique, sur indication d’une équipe tierce, opérant en tenue civile. Contrôles d’identité et fouilles sont réalisés sur réquisitions du procureur de la République. Bien que peu de personnes circulent dans le quartier ce soir-là, en raison d’une météo pluvieuse, un individu est contrôlé en possession de produits stupéfiants et d’une importante somme d’argent liquide, un quart d’heure à peine après le lancement de l’opération.

Son appartement est alors perquisitionné, avec l’appui de l’équipe cynophile du GIC de Bonneville, immédiatement dépêchée sur les lieux. Après une pré-perquisition réalisée dans l’habitation par la jeune maître de chien, la malinoise de trois ans entre en scène. Spécialisé dans la recherche de stupéfiants, d’armes et de munitions, l’animal explore méthodiquement chaque recoin de l’appartement, guidé par son maître. Des produits stupéfiants seront découverts dans la chambre. L’individu sera placé en garde à vue à l’issue de la perquisition. L’enquête permettra d’identifier un complice et de découvrir, le lendemain, caché dans un véhicule, un fusil à canon et crosse sciés, chargé. Le trafic local a été matérialisé, et les deux mis en cause ont été jugés en comparution immédiate à l’issue de leur garde à vue, puis incarcérés.

Pour l’équipe cynophile, l’intervention se poursuit dans les parties communes et les caves, facilitant grandement le travail des autres unités. Efficace et fiable, le chien de recherche est ainsi devenu, en quelques décennies, un acteur incontournable au service de l’investigation en gendarmerie.
Durant près de trois heures, gendarmes et policiers municipaux arpenteront le quartier, reliés entre eux par transmission radio. Dans ce secteur jugé difficile, où les forces de l’ordre traquent quotidiennement les trafics en tous genres, l’opération se déroule sans heurt. « Ce quartier n’est pas une zone de non-droit. Il y règne un climat assaini, résultant de l’action continue des gendarmes locaux engagés sur le terrain, qui ne lâchent rien, observe la commandante de la Compagnie de gendarmerie départementale d’Annecy. Autre facteur essentiel, nous mettons un point d’honneur à intervenir dans le calme et le respect, et à faire preuve d’exemplarité en toutes circonstances. »

Des résultats probants

Le dispositif sera levé à 20 h 30. L’opération a permis le démantèlement d’un point de deal et la saisie de produits stupéfiants. Outre l’arrestation du trafiquant et de son complice, quatre individus en possession d’armes blanches, et trois autres en possession de couteaux, ont été interpellés. Trois personnes contrôlées en possession de cannabis ont fait l’objet d’une amende forfaite délictuelle d’un montant de 150 euros, relevée par procès-verbal électronique. Cinq véhicules ont enfin été verbalisés et enlevés par la fourrière automobile pour défaut d’assurance ou de contrôle technique. « Cette intervention a permis aux gendarmes de densifier leur présence sur le terrain, grâce à l’apport de forces additionnelles. L’impact d’une telle action est indiscutable, tant vis-à-vis des délinquants que de la population », estime la cheffe d’escadron Gillet.

« Les opérations Place Nette contribuent réellement à faire bouger les lignes, produisant des résultats concrets. Elles s’inscrivent dans une dynamique globale, visant à déstabiliser les trafiquants et les autres délinquants. Pour preuve, la précédente opération Place Nette, conduite dans le département à l’automne 2023, a permis aux gendarmes d’obtenir du renseignement criminel décisif, et d’inscrire ainsi cette action dans la durée, en saisissant près de 200 kg de stupéfiants (toutes matières), en 27 opérations depuis le 1er janvier 2024 ! », complète le colonel Benoît Tonanny, commandant du Groupement de gendarmerie départementale de la Haute-Savoie.

Source: gendinfo.fr