Ce mardi 18 mars 2025, Bruno Retailleau, ministre d’État, ministre de l’Intérieur, s’est adressé aux membres du Conseil de la fonction militaire gendarmerie (CFMG), réunis en assemblée plénière.
Ce mardi 18 mars 2025, Bruno Retailleau, coprésident, avec le ministre des Armées, du Conseil de la fonction militaire gendarmerie (CFMG), s’est rendu à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), afin de présenter ses grandes orientations aux membres, en présence du général d’armée Hubert Bonneau, Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN). Son allocution a été précédée d’une intervention du général Emmanuel Valot, secrétaire général du CFMG. Celui-ci a notamment rappelé que le ministre avait reçu le groupe de liaison dès sa prise de fonctions, témoignant ainsi de l’intérêt et de la considération qu’il porte à la concertation.
Le ministre de l’Intérieur a d’abord exprimé sa satisfaction de se tenir devant le CMFG, précisant que c’était la première fois depuis sa prise de fonctions qu’il se rendait dans les locaux de la DGGN, avant de féliciter les membres nouvellement élus. Il a rappelé que cette instance jouait un rôle essentiel dans l’information et l’éclairage de l’autorité politique, et que son devoir en tant que chef était de donner du sens à notre action.
Pertinence de la singularité gendarmique dans un contexte de convergence des crises
Revenant sur le contexte international, le ministre a souligné que les multiples crises que nous connaissons démontrent la pertinence de la singularité de la gendarmerie nationale. Intervenant sur l’ensemble du spectre paix-crise-guerre, la gendarmerie constitue une force armée indispensable, y compris dans le cadre de la Défense opérationnelle du territoire (DOT), tandis que la guerre est de retour sur le continent européen. Affirmant que « la France doit être prête à tout et donc disposer de forces toujours plus aguerries », Bruno Retailleau a rappelé son profond attachement à l’identité militaire, faisant valoir que celle-ci doit être cultivée et renforcée.
Préserver le modèle de proximité
Bruno Retailleau a ensuite déploré la fracture territoriale que connaît le pays, évoquant « des France qui s’éloignent les unes des autres ». Il a souligné que nous avions « perdu le sens du lieu, or le lieu, c’est le lien. (…) Le gendarme doit être enraciné, je crois, aux institutions enracinées. » Évoquant sa volonté de préserver et de renforcer le modèle de proximité propre à la gendarmerie, le ministre a spécifié que le plan de création de 239 nouvelles brigades annoncé par le président de la République constituait une priorité qui serait tenue, impliquant le recrutement de nouveaux effectifs, même si certains délais pourraient être revus en raison des contraintes budgétaires. Dans cette perspective, Bruno Retailleau a précisé que des efforts ont également été consentis en matière d’immobilier et que de nouvelles solutions sont recherchées, notamment avec le développement de marchés partenariaux sur les grands ensembles immobiliers.
Réarmer l’État régalien
Constatant que nous sommes confrontés à des obstacles juridiques qui rendent « la puissance publique souvent impuissante », le ministre a dit sa volonté de réarmer l’État régalien. « Mon combat est de démontrer que cet impossibilisme peut être brisé en changeant les règles et la loi. (…) Si la règle ne protège plus les Français, notre devoir est de changer la règle. » Il a souligné que cette transformation avait pu être mise en œuvre en matière de terrorisme, et qu’il engageait un changement similaire dans la lutte contre le narcotrafic, avec la création d’une chaîne judiciaire spécialisée et d’un arsenal juridique spécifique, faisant de ces sujets « les deux causes nationales. »
Le ministre a indiqué que le réarmement de l’État passait également par un changement d’approche sur la sécurité du quotidien, impliquant l’instauration d’un principe de subsidiarité consistant à faire confiance aux acteurs de terrain, car « on ne protège bien que ceux qu’on connaît bien. » Celui-ci a été initié dès la fin de l’année 2024, quand Bruno Retailleau a demandé aux préfets et aux chefs départementaux de la gendarmerie et de la police nationales réunis à l’École militaire, de concevoir un plan d’action de restauration de la sécurité dans chaque département. Il a précisé que la gendarmerie devait continuer à s’adapter aux enjeux, ce qu’elle parvient parfaitement à faire en conjuguant verticalité et agilité : « seule la mission compte et les moyens doivent s’ajuster pour qu’elle soit remplie. »
Le ministre a conclu son allocution en évoquant sa fierté d’être à la tête d’une force comme la gendarmerie, alors que l’engagement des hommes et des femmes qui la composent a d’autant plus de sens aujourd’hui.
Source: gendinfo.fr