En 2024, les pratiques numériques continuent de progresser, notamment via les smartphones souligne le baromètre 2025 du numérique publié par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). Mais ces usages massifs du numérique « ne vont pas sans crainte » notamment chez les 18-24 ans.
Le baromètre 2025 du numérique publié en mars 2025 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a été réalisé à partir des réponses d’un échantillon de 4 066 personnes de 12 ans et plus entre le 5 juillet 2024 et le 6 août 2024. Ce baromètre évalue cinq critères :
- les équipements numériques (téléphone, internet, objets connectés…) ;
- les usages (y compris le recours à l’intelligence artificielle) : temps passé sur les écrans, que cela soit pour des usages de loisirs ou pour des usages utilitaires (achats, e-administration, recherche d’itinéraires…) ;
- les pratiques en termes de grands médias (radio, télévision…) ;
- l’empreinte environnementale du numérique (achat de matériel reconditionné ou non, rythme de renouvellement du matériel, attention plus ou moins grande de l’usager à l’empreinte carbone, impact sur les modes de consommation…) ;
- les freins et les limites à l’usage d’internet et du numérique.
Des ménages toujours plus connectés
Il ressort du baromètre que les internautes sont de plus en plus nombreux (94% des personnes interrogées en 2024, +3% par rapport à 2023).
Le smartphone est l’équipement le plus répandu (91% des personnes interrogées), en particulier chez les plus jeunes (96%), devant l’ordinateur et la tablette. L’équipement en smartphones compatibles avec la 5G progresse (+13 points en un an), ainsi que les objets connectés dans les foyers (enceintes, domotique, électroménager) qui connaissent une progression de 4 points. Près de 75% des foyers connectés sont équipés en fibre optique. Les plus jeunes ont tendance à davantage utiliser les réseaux mobiles.
L’usage quotidien d’un matériel connecté, plus souvent le smartphone, est en augmentation, y compris chez les plus de 70 ans. Cependant, ces derniers y consacrent bien moins d’heures que les 18-24 ans qui y passent plus de deux heures par jour pour 56% d’entre eux.
Les usages les plus fréquents concernent la navigation sur internet, devant l’envoi de messages, puis les conversations téléphoniques.
La consommation de programmes télévisés ou radiophoniques ne faiblit pas mais les programmes sont de plus en plus consultés sur d’autres types de supports comme l’ordinateur, la tablette ou le smartphone avec la possibilité du visionnage ou de l’écoute en différé.
Une inquiétude marquée chez les 18-24 ans
L’entrée en vigueur du Digital Markets Act (DMA) en mars 2024 a légèrement modifié les comportements concernant l’usage de services embarqués : un quart des personnes informées ont changé de navigateur. Le choix de services reste cependant très majoritairement celui installé par défaut sur l’appareil et celui du système d’exploitation.
L’inquiétude concernant le manque de protection des données progresse (+13 points), notamment depuis l’essor de l’intelligence artificielle (IA). En 2024, 33% des personnes disent avoir eu recours à l’IA (20% en 2023). Près de deux tiers des usagers expriment une crainte liée à l’utilisation d’internet et aux outils numériques et, parmi eux, paradoxalement, davantage les 18-24 ans (75% des 18-24 ans expriment une crainte).
Malgré la loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire qui impose depuis 2022 aux opérateurs de communiquer aux usagers l’empreinte carbone liée à l’usage de leurs équipements, cette mesure a pour le moment peu d’impact auprès des répondants. Le baromètre observe néanmoins que le nombre d’équipements par foyer diminue légèrement, avec une conservation plus longue des smartphones (plus du quart des détenteurs de smartphones l’ont depuis trois ans).
Enfin, s’agissant de l’appropriation du numérique par la population, si plus de deux tiers des usagers estiment qu’il leur facilite la vie quotidienne, la proportion s’inverse pour les personnes peu ou pas diplômées.
Source: vie-publique.fr