Lutte contre l’âgisme et effectivité des droits des personnes âgées : la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) fait le bilan de la situation en France, dans le contexte du vieillissement continu de sa population.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a publié le 18 mars 2025 un avis de suivi sur l’effectivité des droits des personnes âgées sur la période 2013-2025. Douze ans après avoir rendu un premier avis, la CNCDH fait le bilan dans un contexte de vieillissement continu de la population. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) prévoit qu’en 2040, un quart de la population française sera âgée de plus de 65 ans.

La persistance de l’âgisme et des atteintes aux droits des personnes vieillissantes

Depuis le début des années 2010, plusieurs textes ont été adoptés pour protéger les droits des personnes âgées, notamment la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement ou, plus récemment, la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien-vieillir et de l’autonomie. Ces textes visent à améliorer la prévention de la perte d’autonomie, lutter contre l’isolement des personnes âgées et améliorer leur quotidien.

Pour autant, l’âgisme institutionnel persiste. Il est défini dans un rapport de 2021 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Haut-Commissariat des Nations unies comme les « lois, règles, normes sociales, politiques et pratiques des institutions qui limitent injustement les opportunités et désavantagent systématiquement les individus en raison de leur âge« .

Malgré les évolutions législatives, les personnes âgées demeurent victimes de discriminations, notamment dans l’accès aux soins, au logement, aux services bancaires, à l’emploi, aux transports et aux services publics. Le manque d’informations sur leurs droits et les maltraitances commises à leur encontre persistent également. Ces atteintes sont renforcées lorsque leur état de santé se dégrade ou qu’elles perdent en autonomie. Par exemple, les personnes hébergées au sein d’une structure sanitaire ou médico-sociale sont particulièrement exposées aux maltraitances.

L’âgisme se caractérise également par des stéréotypes. La société perçoit les personnes vieillissantes comme des personnes dépendantes ou inactives, voire incapables de décider pour elles-mêmes. Ces préjugés peuvent avoir des conséquences sur leur inclusion dans la société et la vie citoyenne. Or, les personnes âgées constituent déjà une population particulièrement vulnérable et isolée socialement.

Les recommandations de la CNCDH

La CNCDH formule plusieurs recommandations :

  • mieux informer les personnes âgées sur leurs droits et les recours qu’elles peuvent exercer ;
  • sensibiliser et former à la lutte contre l’âgisme ;
  • impliquer davantage les personnes âges dans l’élaboration des politiques publiques qui les concernent et favoriser leur participation à la vie citoyenne ;
  • renforcer la prévention des maltraitances ;
  • développer des initiatives pour réduire la fracture numérique, qui aggrave l’isolement des personnes âgées et entrave leur accès aux droits ;
  • prendre en compte la multiplicité des caractéristiques de cette population, qui ne constitue pas un groupe homogène, mais dont les capacités, les ressources et les besoins sont variés.

La Commission insiste sur l’importance de prendre en considération l’âgisme, dont la gravité peut être minimisée en comparaison d’autres types de discriminations.

Source: vie-publique.fr