Du 16 au 18 décembre 2025, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Toulouse et de la Brigade de recherches (B.R.) d’Auch ont sillonné plusieurs régions françaises pour restituer aux agriculteurs les antennes GPS agricoles qui leur avaient été dérobées. Cette opération de restitution marque l’aboutissement de dix-huit mois d’une enquête hors norme, ayant notamment conduit à l’interpellation, en Lituanie, de huit individus appartenant au réseau criminel itinérant.
Nantes, Fontainebleau, Metz : trois destinations où se sont rendus deux directeurs d’enquête de la Section de recherches (S.R.) de Toulouse et de la Brigade de recherches (B.R.) d’Auch afin de restituer en mains propres aux agriculteurs les antennes GPS agricoles dérobées par un réseau de criminels itinérants. Après dix-huit mois d’investigation révélant l’existence d’une structure criminelle internationale, cette opération de restitution incarne la finalité du travail d’enquête. « Une enquête ne se termine pas lors de l’interpellation des auteurs présumés. Au-delà des procédures, il y a surtout des victimes. C’est pour elles que nous nous engageons », précise le lieutenant Maximilien, affecté à la S.R. de Toulouse et directeur des opérations sur ce dossier.
« Au-delà des procédures, il y a surtout des victimes »
Après les différentes opérations d’interpellation et de perquisitions menées dans toute la France et jusqu’en Lituanie, une phase complexe d’identification des antennes GPS retrouvées a été menée. « Un énorme travail d’identification, en lien avec les constructeurs et les concessionnaires agricoles, a été réalisé par les enquêteurs pour retrouver les propriétaires », poursuit l’officier. Au final, une centaine d’antennes GPS a pu être reliée à des vols commis au préjudice de trente agriculteurs, soit autant de victimes qui ont pu retrouver un outil de travail précieux. Ces équipements de haute technologie sont indispensables à l’agriculture de précision et leur perte entraîne des conséquences directes tant sur le plan financier que pour la continuité de l’activité agricole.
Une fois la phase d’identification terminée, l’adjudant-chef Vincent, directeur d’enquête à la S.R. de Toulouse, propose de restituer in situ les antennes GPS retrouvées. La décision est alors prise de ne pas convoquer les trente agriculteurs victimes mais de se déplacer pour aller à leur rencontre. « Il nous paraissait important de clore cette procédure judiciaire par un acte concret de réparation, en tenant compte à la fois des contraintes du métier d’agriculteur et de leur statut de victimes », précise le lieutenant Maximilien. Chaque victime a été contactée personnellement pour planifier les rendez-vous et ainsi aligner les disponibilités d’une trentaine de personnes. En trois jours, les trente agriculteurs ont ainsi pu récupérer les biens qui leur avaient été dérobés.
« En tant que directeur des opérations, j’ai vu des enquêteurs passionnés qui ont œuvré sans relâche pendant dix-huit mois à la recherche systématique de la réparation des victimes. Ces restitutions incarnent le sens profond de notre engagement. C’est une satisfaction concrète qui donne tout son sens à nos investigations quotidiennes », conclut l’officier.
Au-delà des restitutions, huit interpellations et d’importantes sommes d’argent saisies sur des portefeuilles de cryptomonnaie
Une opération judiciaire d’envergure avait été menée le 26 novembre 2025 en Lituanie dans le cadre d’une enquête dirigée par un magistrat instructeur de la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux. Cette action s’inscrit dans le cadre d’un dossier portant sur une série de vols de GPS agricoles constatée en Occitanie depuis début 2024. Face à l’ampleur du phénomène touchant tout le territoire national, la gendarmerie avait créé, dès octobre 2024, une cellule nationale d’enquête réunissant plusieurs unités spécialisées du Sud-Ouest, dont la S.R. de Toulouse et la B.R. d’Auch.
Les investigations ont permis de mettre au jour des réseaux criminels itinérants particulièrement structurés, composés de ressortissants lituaniens. Ces groupes opéraient sur l’ensemble du territoire national avant d’exporter le matériel volé vers des filières de recel basées notamment en Lituanie et aux États-Unis. Plus de 150 faits ont été recensés, pour un préjudice estimé à 2,5 millions d’euros.
Après une première vague d’interpellations en France en mars 2025, une phase opérationnelle coordonnée s’est tenue en Lituanie, avec l’appui d’Europol et d’Eurojust, et en présence des gendarmes de la cellule nationale d’enquête. Huit individus ont été interpellés, dont quatre visés par des mandats d’arrêt européens. Les perquisitions ont permis la saisie d’argent liquide, de cryptomonnaies et de nombreux éléments liés aux vols.
Source: gendinfo.fr







