Ce vendredi 3 avril 2026, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu sur le plateau de Versailles-Satory pour une visite officielle du GIGN, consacrée à la lutte contre la criminalité organisée. Accueilli par le général Benoît Villeminoz, commandant l’unité, en présence du Directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, du général de division Sylvain Noyau, commandant de l’UNPJ, et du préfet des Yvelines, M. Frédéric Rose, le ministre a pu mesurer l’étendue des capacités uniques que déploie l’unité d’intervention spécialisée de la gendarmerie dans le cadre des missions judiciaires les plus sensibles ou complexes, en appui des unités d’investigation.

Sur le plateau de Versailles-Satory, au cœur de la caserne Pasquier qui abrite le GIGN, le général Benoît Villeminoz, commandant de l’unité, a ouvert la visite du ministre de l’Intérieur, ce vendredi 3 avril 2026, par une présentation synthétique des missions et de l’organisation du groupe, insistant sur le triptyque qui fonde son action : une force intégrée, intégrable et adaptable, forte d’une capacité d’innovation constante et d’une culture opérationnelle tournée vers l’excellence.

Après un bref passage au musée, trois séquences ont exposé au ministre, à travers plusieurs missions opérationnelles, l’éventail des capacités et des moyens, souvent uniques, que le GIGN met quotidiennement en œuvre, en appui des unités de terrain, pour lutter contre la criminalité organisée du haut du spectre.

Criminalité organisée : une plus-value opérationnelle unique

La première présentation s’est déroulée au sein des locaux de la Section des moyens spéciaux (SMS) de la Division technique (D.T.). Six dossiers judiciaires emblématiques de l’action de la Gendarmerie nationale en matière de lutte contre la criminalité organisée (opérations menées contre les réseaux de criminalité organisée, affaires d’enlèvement et de séquestration sur fond de cryptomonnaies, interpellation de Mickaël Ettori en Corse en décembre 2025, délinquance itinérante, etc.) ont successivement été présentés à double voix par le commandant de l’unité en charge de l’enquête (sections de recherches ou offices) et le GIGN, au titre des moyens spécifiques engagés.

Outre la combinaison étroite des capacités du GIGN et des unités de recherches, et plus largement de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la Gendarmerie nationale, ces cas concrets ont permis de souligner l’apport déterminant des moyens d’observation-recherche ; la capacité de projection en appui des unités de terrain ; ainsi que la maîtrise de la gestion des victimes, grâce à l’expertise de la cellule nationale de négociation, à l’accompagnement en cas de demande de rançon et à l’engagement du médecin de l’Antenne médicale spécialisée de Satory (Service de santé des armées).

La Section des moyens spéciaux (SMS)

Les capacités humaines et matérielles de la Section des moyens spéciaux (SMS) permettent l’acquisition technique du renseignement en toutes circonstances et dans tous les milieux, au profit de la Force intervention (F.I.), de la Force observation recherche (FOR), de la Force sécurité protection (FSP), mais également de l’Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie nationale (UNPJ), dont le GIGN constitue le bras armé, ainsi que de services partenaires.

« L’ouverture fine » en appui des forces opérationnelles

À travers d’autres exemples opérationnels concrets, la deuxième séquence a permis d’aborder la stratégie d’innovation sur laquelle repose l’action du GIGN afin de s’adapter, voire d’anticiper, tant les évolutions technologiques que celles des menaces criminelles. Cette démarche, ancrée dans l’ADN du GIGN et de ses militaires, vise à renforcer les capacités opérationnelles de l’unité dans l’ensemble de ses domaines d’intervention afin d’être en mesure d’agir dans tous les environnements.

À cette occasion, une attention particulière a été portée sur « les techniques d’ouverture fine » mises en œuvre par la Cellule intrusion opérationnelle (CIO), en charge de l’ouverture, en discrétion, des portes, cadenas ou autres systèmes d’ouverture, qu’ils soient mécaniques et électroniques, en s’assurant de la maîtrise des systèmes d’alarme. Cette technicité vient en appui des forces opérationnelles, permettant par exemple à la Force intervention (F.I.) de progresser en discrétion, ou encore à la Force observation recherche (FOR) de mettre en place des capteurs qui permettront l’acquisition technique de renseignements. Ces spécialistes de l’ouverture fine peuvent également agir en autonomie, au profit d’unités extérieures. Dans tous les cas, leurs actions se fondent sur un socle juridique, qu’il soit judiciaire (loi Perben II) ou administratif (techniques de recueil du renseignement).

Après un passage par le garage de la F.I. et une brève présentation d’un véhicule d’alerte, l’après-midi s’est poursuivie par un huis clos en salle sécurisée, consacré à la présentation de plusieurs dossiers classifiés. Parallèlement, les membres de la délégation ministérielle ont participé à une séance de tir, au contact direct de l’un des domaines d’expertise du GIGN, et à une visite plus approfondie du musée de l’unité.

En clôture de cette visite, le ministre de l’Intérieur a signé le livre d’or du GIGN, saluant l’engagement quotidien des femmes et des hommes de cette unité d’élite de la gendarmerie. Plus que jamais, le GIGN demeure un outil stratégique au service du ministère de l’Intérieur et, au-delà, de l’État, en constante adaptation à l’évolution des menaces, qu’elles soient terroristes ou criminelles.
Source: gendinfo.fr